Où sont les chameaux ???
Trip Start
Nov 11, 2008
1
Trip End
Nov 21, 2008
Salut à Tous,
Me voila point trop dépaysé dans ce djan qui a stan traîné à venir (eh oui, le premier projet de voyage ici date de 2005, souvenez-vous, mais à l'époque j'avais préferé vous assommer avec des chinoiseries sans contrepéteries.
Il est a noter que pour un pays d'Asie centrale et du Caucase, la liaison avec une compagnie officiellement reconnue et membre de SkyTeam comme Lufthansa est un confort appréciable. Ca change des Dragon Airlines qui avaient failli me crasher a Hong Kong ou des Kirghiz Airways dont les ailes des avions creusent des sillons au flanc des Tian Shan et du Pamir. En plus, Lufthansa, c'est comme Arte : ultra culturel. Chez Uzbekistan Airways par exemple, en film, on a Gladiator ou Master & Commander depuis des années a l'aller et au retour. Sais pas, peut-être ils ont un contrat avec Russel Crowe. Mais bon, sur Lufthansa, on a LE film d'auteur en italien sous-titre en allemand s'il vous plait, comme les opéras de la suscitée Arte. "Non pensarci", donc, raconte l'histoire d'un ponk trentenaire qui revient aider sa famille solidement établie dans la libre entreprise a Rome pour s'apercevoir qu'en fait il doit sauver tout le monde de la faillite morale. Bah ca fait passer le temps je vous le dis. C'était d'un calme dans l'avion, mais d'un calme...
Bakou s'est révélée de prime abord une ville comme chez moi. Je veux dire chez moi à Tachkent. Beaucoup de marbre et de fontaines, la même architecture qu'à Tachkent pour le métro, et les mêmes métros d'ailleurs, les mêmes pavés au sol, les même garde-fous au bord des carrefours, les mêmes brochettes de prostituées (en plus grosses) a la réception des hotels, et partout des Lada, des Lada, des Lada. Ah mais la commence la différence : a Tachkent entre deux Lada il y a dix Daewoo, alors que ici entre deux Lada on trouve trois merco, deux BM X6, trois BM X5, une porsche et une 407 coupe (oah le pauvre eh). Bah ici il y a du pétrole. Et le système politique a beau être a peu près le même, on peut estimer que le président Azerbaidjanais (si si, je vais vous apprendre un truc, on dit bien azerbaidjanais, les azeris c'est ceusse de l'ethnie mais qui sont pas dans le pays, un peu comme Israeliens et juifs quoi, mais on dit toujours pas madagascariens en revanche). Oui, le système politique a beau être le même qu'en Ouzbekistan disais-je, on pourrait dire que ici le president (qui a succede a son pere) a mange son pain et plafonne son codevi en Suisse et consacre donc son pognon au developpement du pays. Du coup c'est beau, c'est propre, et ca cuote aussi cher qu'en France eul cafe au bistro.
Apres avoir ecume les ruelles de la vieille ville ou fourmillent mossquees, madrasas et caravanserails (bah oui, on est toujours sur la route de la soie), j'ai retrouve egalement mon Brodway de Tachkent au coeur de la ville sovietique. Le karaoke en plein air, les voitures electriques entre les fontaines mais pour faire la difference tout de meme, un ;macdo. Et aussi beaucoup plus de pubs ecossais (faut absolument que j'aille les tester pour pouvoir en parler, c'est ca le boulot hein). La difference par rapport aux Stan egalement c'est la presence de la mer. En plus, ici son niveau augmente alors que celle de l'Aral continue de baisser. Un grand boulevard tres sovietique a ete amenage pour se promener le long des plateformes petrolieres, mais en gonflant les poumons a bloc on reconnait vaguement une odeur d'iode quand meme.
La traversee des champs de petrole pour rejoindre le centre du pays etait quelque chose d'assez indescriptible. Des foreuses et des derricks partout, pire que dans le pire des westerns. Et des flaques de petrole tout le long de la route (ne pas jeter son clope par la fenetre surtout). La encore, les paysages caracteristique de la depression aralo-casipenne (la il y a des SR qui sursautent en disant "C'est quoi un paysage typique de la depression aralo-caspienne ?") ne pouvaient que me rappeler l'Asie centrale, avec les chameaux en moins. Pour discuter avec les gens c'est un peu plus complexe. En russe ca va. Mais en Ouzbek, entre les yeu les tcheu les tseu les cheu les seu les zeu qui se melangent, c'est pas simple. Mais on finit pas baragouiner un peu quand meme. Les racines turques sont finalement les memes, suffit de tout dire a l'infinitif et ca passe.
Les montagnes autour de Sheki sont d'une splendeur incroyable. Pas aussi hautes qu'au Kyrghyzistan mais dotees d'une vegetation un peu plus variee et de villages affichant un cachet plus evident avec les melanges de briques et de galets pour la construction traditionnelle, de brique rouge ou ocre pour les constructions de l'epoque sovietique. A Sheki il y a un palais a voir, pas follement interessant si ce n'est qu'il est construit sans aucun clou, uniquement avec des pieces de bois encastrees, deux caravanserails parmi les plus grands au monde (l'un d'eux etant converti en hotel j'y ai dormi pour eprouver un peu les sensations des caravaniers et surtout un tres tres tres grand froid) et un minaret assez curieusement taille avec une forme octogonale. On peut marcher des heures (6 pour etre precis) autour de ce village sans compter les randos possibles, et fort tentantes, dans les montagnes alentours.
Mais le temps m'etant compte j'ai bien vite rejoint Myngiashevir puis Gyanjan. Ville majoritairement sovietique sauf autour de la mosquee du vendredi. J'y ai loge dans un de ces vieux hotels egalement sovietique, ou la frequentation de l'ascenseur et des toilettes vous permet de dire a vos amis au retour du voyage "Je suis revenu de tout bebe".
Pas de temps malheureusement pour aller voir les volcans de boue a Gobustan, j'ai vainement guette une eruption depuis la fenetre du bus mais rien ne s'est produit.
Et me voila deja de retour a Bakou pour un dernier jour avant de boucler l'ultime voyage de l'annee (ouf) et trouver de quoi passer sans se faire gauler la nouvelle brigade fiscale de 75cm qui squatte chez moi : "Papa, qu'esse tu m'as ramene ?".
Allez, bien des choses a Tous,
RV
Me voila point trop dépaysé dans ce djan qui a stan traîné à venir (eh oui, le premier projet de voyage ici date de 2005, souvenez-vous, mais à l'époque j'avais préferé vous assommer avec des chinoiseries sans contrepéteries.
Il est a noter que pour un pays d'Asie centrale et du Caucase, la liaison avec une compagnie officiellement reconnue et membre de SkyTeam comme Lufthansa est un confort appréciable. Ca change des Dragon Airlines qui avaient failli me crasher a Hong Kong ou des Kirghiz Airways dont les ailes des avions creusent des sillons au flanc des Tian Shan et du Pamir. En plus, Lufthansa, c'est comme Arte : ultra culturel. Chez Uzbekistan Airways par exemple, en film, on a Gladiator ou Master & Commander depuis des années a l'aller et au retour. Sais pas, peut-être ils ont un contrat avec Russel Crowe. Mais bon, sur Lufthansa, on a LE film d'auteur en italien sous-titre en allemand s'il vous plait, comme les opéras de la suscitée Arte. "Non pensarci", donc, raconte l'histoire d'un ponk trentenaire qui revient aider sa famille solidement établie dans la libre entreprise a Rome pour s'apercevoir qu'en fait il doit sauver tout le monde de la faillite morale. Bah ca fait passer le temps je vous le dis. C'était d'un calme dans l'avion, mais d'un calme...
Bakou s'est révélée de prime abord une ville comme chez moi. Je veux dire chez moi à Tachkent. Beaucoup de marbre et de fontaines, la même architecture qu'à Tachkent pour le métro, et les mêmes métros d'ailleurs, les mêmes pavés au sol, les même garde-fous au bord des carrefours, les mêmes brochettes de prostituées (en plus grosses) a la réception des hotels, et partout des Lada, des Lada, des Lada. Ah mais la commence la différence : a Tachkent entre deux Lada il y a dix Daewoo, alors que ici entre deux Lada on trouve trois merco, deux BM X6, trois BM X5, une porsche et une 407 coupe (oah le pauvre eh). Bah ici il y a du pétrole. Et le système politique a beau être a peu près le même, on peut estimer que le président Azerbaidjanais (si si, je vais vous apprendre un truc, on dit bien azerbaidjanais, les azeris c'est ceusse de l'ethnie mais qui sont pas dans le pays, un peu comme Israeliens et juifs quoi, mais on dit toujours pas madagascariens en revanche). Oui, le système politique a beau être le même qu'en Ouzbekistan disais-je, on pourrait dire que ici le president (qui a succede a son pere) a mange son pain et plafonne son codevi en Suisse et consacre donc son pognon au developpement du pays. Du coup c'est beau, c'est propre, et ca cuote aussi cher qu'en France eul cafe au bistro.
Apres avoir ecume les ruelles de la vieille ville ou fourmillent mossquees, madrasas et caravanserails (bah oui, on est toujours sur la route de la soie), j'ai retrouve egalement mon Brodway de Tachkent au coeur de la ville sovietique. Le karaoke en plein air, les voitures electriques entre les fontaines mais pour faire la difference tout de meme, un ;macdo. Et aussi beaucoup plus de pubs ecossais (faut absolument que j'aille les tester pour pouvoir en parler, c'est ca le boulot hein). La difference par rapport aux Stan egalement c'est la presence de la mer. En plus, ici son niveau augmente alors que celle de l'Aral continue de baisser. Un grand boulevard tres sovietique a ete amenage pour se promener le long des plateformes petrolieres, mais en gonflant les poumons a bloc on reconnait vaguement une odeur d'iode quand meme.
La traversee des champs de petrole pour rejoindre le centre du pays etait quelque chose d'assez indescriptible. Des foreuses et des derricks partout, pire que dans le pire des westerns. Et des flaques de petrole tout le long de la route (ne pas jeter son clope par la fenetre surtout). La encore, les paysages caracteristique de la depression aralo-casipenne (la il y a des SR qui sursautent en disant "C'est quoi un paysage typique de la depression aralo-caspienne ?") ne pouvaient que me rappeler l'Asie centrale, avec les chameaux en moins. Pour discuter avec les gens c'est un peu plus complexe. En russe ca va. Mais en Ouzbek, entre les yeu les tcheu les tseu les cheu les seu les zeu qui se melangent, c'est pas simple. Mais on finit pas baragouiner un peu quand meme. Les racines turques sont finalement les memes, suffit de tout dire a l'infinitif et ca passe.
Les montagnes autour de Sheki sont d'une splendeur incroyable. Pas aussi hautes qu'au Kyrghyzistan mais dotees d'une vegetation un peu plus variee et de villages affichant un cachet plus evident avec les melanges de briques et de galets pour la construction traditionnelle, de brique rouge ou ocre pour les constructions de l'epoque sovietique. A Sheki il y a un palais a voir, pas follement interessant si ce n'est qu'il est construit sans aucun clou, uniquement avec des pieces de bois encastrees, deux caravanserails parmi les plus grands au monde (l'un d'eux etant converti en hotel j'y ai dormi pour eprouver un peu les sensations des caravaniers et surtout un tres tres tres grand froid) et un minaret assez curieusement taille avec une forme octogonale. On peut marcher des heures (6 pour etre precis) autour de ce village sans compter les randos possibles, et fort tentantes, dans les montagnes alentours.
Mais le temps m'etant compte j'ai bien vite rejoint Myngiashevir puis Gyanjan. Ville majoritairement sovietique sauf autour de la mosquee du vendredi. J'y ai loge dans un de ces vieux hotels egalement sovietique, ou la frequentation de l'ascenseur et des toilettes vous permet de dire a vos amis au retour du voyage "Je suis revenu de tout bebe".
Pas de temps malheureusement pour aller voir les volcans de boue a Gobustan, j'ai vainement guette une eruption depuis la fenetre du bus mais rien ne s'est produit.
Et me voila deja de retour a Bakou pour un dernier jour avant de boucler l'ultime voyage de l'annee (ouf) et trouver de quoi passer sans se faire gauler la nouvelle brigade fiscale de 75cm qui squatte chez moi : "Papa, qu'esse tu m'as ramene ?".
Allez, bien des choses a Tous,
RV
