L'Algérie! Elle a fait couler beaucoup d'encre depuis ces 15 dernières années. De sang aussi. Sans parler de l'or noir. Mon départ d'Errachidia, un oasis de tranquillité au milieu de nulle part, n'est pas des plus enchanté. Je ne sais trop quoi attendre de ce nouveau voyage. J'ai entendu tellement de chose sur l'Algérie. Heureusement j'ai suffisamment voyagé pour savoir qu'il faut garder la tête froide et voir par soi-même. J'ai prévenu le bureau des risques que nous pourrions courir. Ils semblent me prendre au sérieux. A la grâce de Dieu! Et puis cela fait trois semaines que j'attends. Je commence à être complètement dévoré de curiosité. Même si je dois n'y rester que quelques heures, je veux voir et savoir ce qu'est cette fameuse Algérie.
Le vol se fait presque sans histoire. Quelques problèmes radio en arrivant au dessus d'Oujda, juste avant de passer la frontière. Pour le reste, rien d'excitant. Nous survolons la côte entre Oujda et Oran avant de tourner vers le sud-est et nous enfoncer dans les terres. Enfin le sable plutôt!
Après trois heures dans un brouillard de sable où nous avons du mal à distinguer le sol, il est temps de commencer notre approche. La ville de Hassi Messaoud se devine à peine sur notre gauche alors que nous sommes en finale. La visibilité est vraiment mauvaise. Je sens que ce contrat va être riche en sport...
Une fois l'avion garé, une foule de personnage officiel se presse autour de l'avion. Le travail d'importation de l'avion commence. Je retrouve Feargal, avec qui j'avais travaillé l'an dernier au Botswana. Les formalités de douanes pour nous se font sans problème. Les douaniers ici ont l'habitude des gens qui arrivent directement de Paris ou de Londres.
Une fois entrés dans le pays, nous sommes emmenés dans le camp qui va nous héberger. Un campement pour ex pats travaillant dans la région (vaste région s'il en est). C'est le Red Med (à ne pas confondre, même si l'illusion est trompeuse, avec le Club Med). Pas le droit de... la liste est très longue. En clair, on souhaite que nous évitions tout contact avec la population locale. Même si c'est pour notre propre bien, j'ai un peu de mal à digérer. Mais bon, ce n'est pas la première fois. Pas la dernière non plus, je dirais.
Pendant plusieurs jours, nous attendons l'arrivée de l'autorisation de l'Aviation Civile d'abord, puis des douanes, d'opérer notre Grand Caravan en Algérie. Je me laisse doucement immergé dans cette atmosphère surréaliste si caractéristique des microcosmes. Ici je rencontre un français qui vit à Moscou, un espagnol qui vit en Italie, un norvégien qui vit à Paris. Un néo-zélandais qui vit en Angleterre (là, je ne comprends pas bien...). Il y a même un breton qui vit à Avignon! Et tout ce petit monde se retrouve le soir autour d'un verre de vin algérien. Qui a dit que l'Europe n'était pas une réalité! Ils ont dans le regard cette expression de ceux qui ont vu au-delà de l'horizon. Je me régale de les écouter parler. De les écouter me raconter leur Algérie. Je me sens totalement en sécurité ici. Il faut dire qu'on a vite fait d'oublier tous les soldats, miradors et barbelés qui entourent le camp quand on sirote un pastis sous les étoiles en bonne compagnie.
Aujourd'hui j'ai décidé d'aller faire un tour en ville. Demain il y a une éclipse annulaire de prévue et je dois trouver du matériel pour pouvoir en profiter sans me rendre aveugle (j'ai reçu plein de conseils de gens très avisés qui ont juste oublié que j'étais au milieu du Sahara...). De plus c'est bientôt le début du Ramadan et la plus part des magasins seront fermés dans la journée. Comme il est impossible de sortir en ville le soir, je préfère m'y prendre à l'avance.
Hassi Messaoud est une ville littéralement sortie du sable. Après que la France ait découvert du pétrole dans la région en 1956, cette ville s'est créée pour abriter les travailleurs de l'or noir. Avec les évènements des années 1990, trois camps pour ex pats avec fortifications et protections ont vu le jour. J'ai de la chance, d'après tout le monde, je suis dans le plus confortable (il a quand même fallu que je passe par la fenêtre pour sortir de ma chambre ce matin...). La ville se situe à 15 minutes en voiture. Samir, mon chauffeur aujourd'hui, m'explique qu'il est Kabil. Qu'il vient du nord. Il travaille depuis quatre ans pour le camp et vit en ville. Il me montre son quartier, me parle des relations entre kabyles et arabes (il insiste bien, ce sont deux peuples différents). Il va bientôt commencer le Ramadan. Ses parents sont venus le voir pour cette occasion.
Tout en parlant, je regarde autour de moi sur la route entre la ville et le camp. Des dunes! A perte de vue, des dunes! Je sens tout au fond de moi quelque chose bougé. Je retrouve une vieille sensation très agréable. Il n'y a pas de doute, j'aime le désert. J'ai maintenant hâte de commencer à voler. De survoler ces immensités. Derrière quelle dune vais-je découvrir mon Petit Prince?
Algeria! A lot has been said about it over the past 15 years. A lot of blood was shed. A lot of oil pumped. My departure from Errachidia, an oasis of tranquillity in the middle of nowhere, isn't the happiest. I heard so much about Algeria. Fortunately I travelled enough to know that I have to keep my cool, and wait and see. I warned the office of the hazards we might face. They seem to take me seriously. Inch Allah! In addition it's been three weeks now that I wait. Curiosity is killing me now. Even if I would stay only few hours in the place I have to see it and know what that famous Algeria is.
The flight is almost eventless. A few radio problems above Oujda, just before the border with Algeria. After that, nothing exciting. We fly over the coast between Oujda and Oran before turning South East et head into the desert.
After three hours spent in a fog of dust and sand where we can barely see the ground, it's time to star tour approach. It's almost impossible to see the town of Hassi Messaoud on the left on final. The visibility is really poor. I can feel it, this job is going to be fun...
Once the aircraft is parked, a crowd of official figures gathers around it. Now start the long process of importing the Caravan into the country. Feargal is here. We met in Botswana last year. Customs formalities for us are easy. Customs agents here are used to people arriving directly from Paris or London.
Once in the country, we are taken to the compound where we'll be living for the time being. A camp for ex pats working in the area (a big one!). It's Red Med (not to confuse it with Club Med). We're not supposed to... The list is too long. Obviously everything is meant to avoid any contact with the local population. Even if it's for our own good, I have a hard time to accept it. No need to get upset though. It's not the first time. And probably not the last either.
During several days we're waiting for the permit from the Civil Aviation authorities then the Customs to operate our Grand Caravan in Algeria. I allow my self to slowly sink into the surrealist atmosphere of the place, so characteristic of those microcosms. Here I meet a French guy who lives in Moscow, a Spanish one who lives in Italy, A Norwegian one in Paris. A New-Zealander in England (nobody understood that one!). And everybody gets together at night around a glass of Algerian red vine. Who said Europe wasn't a reality yet? You can see in their eyes the expression of those who have seen beyond the horizon. I have a blast listening to them. Listening to their version of Algeria. I feel completely safe here. Mind you, it's fairly easy to forget the soldiers, the watch towers, the barbwires that surround the camp while drinking a "pastis" under the stars in good company.
Today I decided to go in town. Tomorrow there's a solar eclipse. I have to find some material to be able to envoy it without getting blind. That would ruin my day. I received a lot of advice of very aware people who just forgot I was in the middle of Sahara... It's also the beginning of Ramadan soon. Most of the stores might be closed during the day. And we're not allowed to leave the compound at night. So I prefer to organise my self ahead of time.
Hassi Messaoud is a town that was born after the French discover oil in the area in 1956 to shelter the oil workers. With the events of the 1990s, three compounds for westerners with protection were built. I'm lucky I'm in the best one, according to everybody (I still had to climb through my window this morning to get out of my room...) The town is a 15 minutes drive away roughly. Samir, my driver, explains to me he is Kabyl. He comes from the North. He describes to me the relations between the Kabyls and the Arabs (he insists, they are two different people). He's going to start Ramadan soon. His parents have come to see him for that special occasion.
While talking I look around me along the road between the town and the camp. Dunes! Everywhere, dunes! I can feel deep inside something is stirring. An old friendly sensation. No doubt about it, I love desert. I can't wait now to start flying. I want to sea those dunes from above. Behind which one am I going to find my Little Prince?