Plage et tribus spectaculaires
Trip Start
Oct 01, 2007
1
29
32
Trip End
??? ??, 2008
Ce matin, Fes est embrumé : les oranges sont encore plus éclatantes. Au loin, les tambours des enfants et des mariages qui résonnent sur un beat de tonnerre. Les vieux garçons chez qui j'ai dormi sont retournés arranguer les passants et regarder les vieilles reprises américaines, sous-titrées en arabe d'égyptien, alors même qu'ils les ont vu 50 fois et que ça les emmerde (littérallement : "Ils nous font manger leur merde, même les montons qu'on mange c'est leur merde à eux" dixit mon hôte). Je me sens étrangement bien et c'est bien étrange, protégé des attaques habituelles par mon look clodo, n'ayant rien d'autres à faire que de m'adonner à mon fétichisme du livre habituel, peut-être encore aggravé par mon statut de nouveau riche ("Médée de Sénèque", "Le gala des 40 ans de la grande révolution socialiste d'Octobre, commenté par Zedong", "Introduction à l'économie politique, 2e édition", "La famille, les femmes et la santé mentale", "Condition de la Femme au Maroc, 1932" pour... 5 euros, moins qu'un big mac !)
Une semaine de théâtre plus tard ("Le petit-bourgeois gentilhomme va au marché", suivi de "Zone de franche résistance à l'envahisseur "enculeur de ta soeur"", "Mon ami, monsieur-madame, tu veux du shit, je te bronze la tête ?", "Apprendre l'arabe en s'amusant, 6e mise en scène", " Les enfants soldats, les fusils jouets et la rue de la guerre civile", etc...), je ne me content plus du tableau exotique projeté par mon esprit, celui d'un maroc pré-moderne , empaquetté pour touriste. Si Fes est effectivement une ville du désert, ce serait plutôt que les tribus y pullulent. La médina est cet immense marché où est mis en vente des images du passé, alors même que les gens qui y habitent démentent ce qu'ils vendent, tant par leur attitude Nike que parce qu'ils parlent les 5 langues européennes, plus la japonaise, sinon que les espaces Wifi sont ici aussi en phase de s'étendre. Mais la médina n'est pas tout, et même si on y fait semblant d'être encore en 1492 pour plaire à l'UNESCO, qu'on prend la pause d'un ancien Maroc qui n'est plus, le McDonald de la nouvelle ville est déjà ce lieu de perdition à 60 dirhams (60 dirhams = 2 nuits à l'hôtel OU un cheezburger), les fims pseudo-porno produits par Bollywood sont à l'affiche, les cybers cafés avec son lot de youtube fans, des grosses lunettes aux verres fumées pour faire cool, etc... on se surprend sans cesse à passer de l'image à la réalité, toutes les fois qu'on franchit le décor de la rue centrale pour déambuler dans les quartier, ne serait-ce que pour aller jouer au playstation à la play-station du coin avec les ados
Il n'y a rien d'exotique ici, que des images d'un monde disparu.
Le Spectacle, toujours, sous une forme que je n'avais jamais vu.
Mais en fait, c'est moi qui me laissait séduire, pour la première fois placé par les choses en position de voir en étranger, en dandy, en fait la réalité N EST PAS une carte postale...
Sauf, peut-être, la sorcière qui nous sert de gérante d'hôtel. Elle, elle vit dans le film, en tous cas c'est une actrice de grand talent !
(Une semaine, et le froid me rappellera à l'ordre : amiEs, j'ai hâte de vous voir !)
Mig.
Iraqi Queers : http://queerhana.org/old/index.html
.Une semaine de théâtre plus tard ("Le petit-bourgeois gentilhomme va au marché", suivi de "Zone de franche résistance à l'envahisseur "enculeur de ta soeur"", "Mon ami, monsieur-madame, tu veux du shit, je te bronze la tête ?", "Apprendre l'arabe en s'amusant, 6e mise en scène", " Les enfants soldats, les fusils jouets et la rue de la guerre civile", etc...), je ne me content plus du tableau exotique projeté par mon esprit, celui d'un maroc pré-moderne , empaquetté pour touriste. Si Fes est effectivement une ville du désert, ce serait plutôt que les tribus y pullulent. La médina est cet immense marché où est mis en vente des images du passé, alors même que les gens qui y habitent démentent ce qu'ils vendent, tant par leur attitude Nike que parce qu'ils parlent les 5 langues européennes, plus la japonaise, sinon que les espaces Wifi sont ici aussi en phase de s'étendre. Mais la médina n'est pas tout, et même si on y fait semblant d'être encore en 1492 pour plaire à l'UNESCO, qu'on prend la pause d'un ancien Maroc qui n'est plus, le McDonald de la nouvelle ville est déjà ce lieu de perdition à 60 dirhams (60 dirhams = 2 nuits à l'hôtel OU un cheezburger), les fims pseudo-porno produits par Bollywood sont à l'affiche, les cybers cafés avec son lot de youtube fans, des grosses lunettes aux verres fumées pour faire cool, etc... on se surprend sans cesse à passer de l'image à la réalité, toutes les fois qu'on franchit le décor de la rue centrale pour déambuler dans les quartier, ne serait-ce que pour aller jouer au playstation à la play-station du coin avec les ados
Souks : fr.wikipedia.org/wiki/Souk
. J'ai l'impression que le Château Royal, qui trône seul comme un con au centre de tout ça, avec ses fontaines inutiles et ses jardins vides et gardés, est l'héritage maudit légué par les arrières-arrière grands-parents aux nouvelles générations, qui doivent par conséquent se vendre aux touristes venus observer leur respect des anciennes traditions, que tout ce que tu peux faire pour survivre c'est d'accepter d'être considéré comme exotique (et la pauvreté est tellement exotique) et ça chante les louanges d'Allah mais ça boit de l'alcool en cachette quand ça ne regarde pas les pubs de Walt Disney sur la télé...Il n'y a rien d'exotique ici, que des images d'un monde disparu.
Le Spectacle, toujours, sous une forme que je n'avais jamais vu.
Mais en fait, c'est moi qui me laissait séduire, pour la première fois placé par les choses en position de voir en étranger, en dandy, en fait la réalité N EST PAS une carte postale...
Sauf, peut-être, la sorcière qui nous sert de gérante d'hôtel. Elle, elle vit dans le film, en tous cas c'est une actrice de grand talent !
(Une semaine, et le froid me rappellera à l'ordre : amiEs, j'ai hâte de vous voir !)
Mig.

