La fête (du Monton) est finie
Trip Start
Oct 01, 2007
1
22
32
Trip End
??? ??, 2008
Bon. On digère, on digère, la première secousse est derrière nous.
Tanger. Tanger-ville-portuaire. Où on t'aborde d'abord en espagnol, puis en français, en anglais ou en allemand, parfois en Tchèque, et pourquoi pas, même, en arabe ?
Je l'ai dit, je le redis car la crise est toujours d'actualité, nous sommes des Blancs. Salah est parfois Blanc, parfois d'une autre région, parfois "beldi", arabe pure laine. On sait pas, ça dépend. Il change de couleur quand on est avec lui, il déteint, la confiance coule, les prix montent.... montent... doublent, triplent... se mettent au carré... et puis voilà, c'est plein de dirhams, et quand nous prenons le taxi pour le centre-ville, les autres passagers se lancent dans des discours anti-impérialistes (à saveur d'islam, plutôt que d'anticapital, remarque), pourquoi faudrait il travailler pour EUX, pourquoi nous mangeons toujours la merde des blancs ? Enfin, c'est ce que Salah dit, moi j'y comprends rien, Marc fait le doux mariole, Amélie capote d'être une touriste, elle qui a toujours été punk en voyage...
Entre nous, d'ailleurs, le doute s'insinue : qu'est ce que le racisme ? Nous ? Les rapports économiques mondialisés ? La berbère qui s'approche, toute mielleuse, pour nous cracher au visage sitôt nous nous avouons "walous", paumés ??? You bet, qu'on est pauvre, madame ! Si si, c'est pour ça d'ailleurs qu'on a pas une chambre dans le quartiers des romis (les romis sont parfois arabes, tsé) avec des gardes, qui nous protégerait de la vie, de toi madame !
Notre présence ici, voilà déjà qui ouvre le débat.
Avec nos milliers de dirhams, on pourrait se la péter, c'est sûr. En même temps c'est les dirhams qui font chier tout le truc, ça, on sait. Que quand un Whazi nous fait faire le tour de la ville, je deviens hyper méfiant, en fait je suis carrément antipathique, je veux qu'il décolle, non, criss, j'ai pas d'argent pour te payer, comprends-tu ? "Mais pourquoi tu te fâches, là ? J'en veux pas, de ton argent ! Tu veux pas aller boire un café ?". En français dans le texte, un ancien fils de consul, un mec gentil, des discussions sur la bible et le coran, sur Ben Lad, sur sur sur... Ma faute, mon racisme. Leur faute, leur osti de système. Je sais pas.
Welcome Kolonie, tss tss.
Là où la lutte de classe se confond tellement avec le paysage, qu'elle crie tellement fort dans une langue que je ne comprendrai sans doute jamais, que tout le reste tremble. Et, pourtant, à travers : les femmes inexistantes, les LGBT en enfer, les pubs de coke plus vivantes que la vie, l'occident qui fascine, la prière du matin, du midi, du soir, tout ce que je ne comprends pas, qui ne s'explique pas, qui reste hors de mes cadres d'analyse. Tout le reste, qui me dit : je n'arriverai jamais à parler politique, ici, à personne.
Pas en ville, en tous cas. A moins que nous n'arrivions, comme ce midi quand nous avons fait de l'athlétisme urbain avec les garçons de la rue, une démonstration d'anneaux, à entreprendre un certain jeu avec l'environnement... à dépasser le rôle de spectateur de tout ça pour jouer avec les autres sur ce qui se passe. Mais ça prend un HUMOUR, merde ! Est-ce que j'ai l'air d'une personne DRÖLE, capable de JOUER ???
Je t'en prie...
(tout ce texte manque profondément de richesse. j'aimerais mieux écrire. fuck que j'aimerais mieux écrire, écrire mieux pour penser mieux pour agir mieux, mais ça prendrait un temps que je n'ai pas, parce que je suis occupé à essayer d'apprendre à trouver ça drôle quand je ne contrôle rien, à m'y installer assez pour finir par me lier à ce qui se passe. Et c'est pas devant l'ordi que ça se passe, c'est en ville avec les autres, ça...)
J'vous aime.
Mig.
Tanger. Tanger-ville-portuaire. Où on t'aborde d'abord en espagnol, puis en français, en anglais ou en allemand, parfois en Tchèque, et pourquoi pas, même, en arabe ?
Je l'ai dit, je le redis car la crise est toujours d'actualité, nous sommes des Blancs. Salah est parfois Blanc, parfois d'une autre région, parfois "beldi", arabe pure laine. On sait pas, ça dépend. Il change de couleur quand on est avec lui, il déteint, la confiance coule, les prix montent.... montent... doublent, triplent... se mettent au carré... et puis voilà, c'est plein de dirhams, et quand nous prenons le taxi pour le centre-ville, les autres passagers se lancent dans des discours anti-impérialistes (à saveur d'islam, plutôt que d'anticapital, remarque), pourquoi faudrait il travailler pour EUX, pourquoi nous mangeons toujours la merde des blancs ? Enfin, c'est ce que Salah dit, moi j'y comprends rien, Marc fait le doux mariole, Amélie capote d'être une touriste, elle qui a toujours été punk en voyage...
Entre nous, d'ailleurs, le doute s'insinue : qu'est ce que le racisme ? Nous ? Les rapports économiques mondialisés ? La berbère qui s'approche, toute mielleuse, pour nous cracher au visage sitôt nous nous avouons "walous", paumés ??? You bet, qu'on est pauvre, madame ! Si si, c'est pour ça d'ailleurs qu'on a pas une chambre dans le quartiers des romis (les romis sont parfois arabes, tsé) avec des gardes, qui nous protégerait de la vie, de toi madame !
Notre présence ici, voilà déjà qui ouvre le débat.
Sur l'ordi où je suis, selon lui-même.
Pour y faire QUOI ? Avec nos milliers de dirhams, on pourrait se la péter, c'est sûr. En même temps c'est les dirhams qui font chier tout le truc, ça, on sait. Que quand un Whazi nous fait faire le tour de la ville, je deviens hyper méfiant, en fait je suis carrément antipathique, je veux qu'il décolle, non, criss, j'ai pas d'argent pour te payer, comprends-tu ? "Mais pourquoi tu te fâches, là ? J'en veux pas, de ton argent ! Tu veux pas aller boire un café ?". En français dans le texte, un ancien fils de consul, un mec gentil, des discussions sur la bible et le coran, sur Ben Lad, sur sur sur... Ma faute, mon racisme. Leur faute, leur osti de système. Je sais pas.
Welcome Kolonie, tss tss.
Là où la lutte de classe se confond tellement avec le paysage, qu'elle crie tellement fort dans une langue que je ne comprendrai sans doute jamais, que tout le reste tremble. Et, pourtant, à travers : les femmes inexistantes, les LGBT en enfer, les pubs de coke plus vivantes que la vie, l'occident qui fascine, la prière du matin, du midi, du soir, tout ce que je ne comprends pas, qui ne s'explique pas, qui reste hors de mes cadres d'analyse. Tout le reste, qui me dit : je n'arriverai jamais à parler politique, ici, à personne.
Pas en ville, en tous cas. A moins que nous n'arrivions, comme ce midi quand nous avons fait de l'athlétisme urbain avec les garçons de la rue, une démonstration d'anneaux, à entreprendre un certain jeu avec l'environnement... à dépasser le rôle de spectateur de tout ça pour jouer avec les autres sur ce qui se passe. Mais ça prend un HUMOUR, merde ! Est-ce que j'ai l'air d'une personne DRÖLE, capable de JOUER ???
Je t'en prie...
(tout ce texte manque profondément de richesse. j'aimerais mieux écrire. fuck que j'aimerais mieux écrire, écrire mieux pour penser mieux pour agir mieux, mais ça prendrait un temps que je n'ai pas, parce que je suis occupé à essayer d'apprendre à trouver ça drôle quand je ne contrôle rien, à m'y installer assez pour finir par me lier à ce qui se passe. Et c'est pas devant l'ordi que ça se passe, c'est en ville avec les autres, ça...)
J'vous aime.
Mig.

