Les lundis au soleil

Trip Start Oct 01, 2007
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Trip End ??? ??, 2008


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Thursday, December 13, 2007

'jour camarades.
Il y a bien une semaine que je ne vous ai écrit, tout pris que j'étais entre mes diverses passions, oubliant de raconter ce qui se passe ici... ici, voilà:

Le débat "Maroc/Pas Maroc" se continue toujours, alors que j'avais presque titubé vers "Pas Maroc" et décidé de revenir à Montréal pour janvier, suite à une visite inattendue d'Antoine qui m'invite à "vendre du cuivre" en le choppant dans des maisons vide comme autofinancement. Bref, ça dépend comment la vente de vieux tuyaux va se dérouler au cours des prochains jours.

Sinon, la grève, l'occupation et le blocage continuent à Grenoble, avec un répression toujours accrue, et un silence des médias absolument fantastique A Grrrrnoble, y'a beaucoup de caméras...
A Grrrrnoble, y'a beaucoup de caméras...
. Au squat, je me suis bidouillé une chambre au grenier, on a ouvert la pièce de nos future projections, tout va bien.

Lundi dernier, donc, on m'a invité aux Lundis au soleil. Les Lundis au soleil, c'est une réunion hebdomadaires d'environ deux heures d'entraide entre les militants libertaires grenoblois. Un peu comme la CLAC, je me suis dit, jusque là rien d'étonnant. Sauf que ça fonctionne, et bien, depuis 6 ans, du coup j'étais bien intéressé de voir comment ça se passait. Premier truc marquant : en entrant, 3 immenses affiches de cartons, installées au fond. "Besoin de", "Gratuit", "Agenda". Je vous décris un peu les demandes, pour que vous compreniez bien le truc : "Besoin de", ça passait de "local chauffé pour cours de Aikido féminin - Amelia" à "Four à bois - Chacha J'AI FROID C'EST L'HIVER AU SECOUR", en passant par "Papier A3 en quantité pour tracts du 102 - Le 102", ou "Cartes d'identités étudiantes pour pouvoir voter en AG mercredi - Les grévistes non-étudiants". Sur "Gratuit" : "Ordis pas trop nul, trouvé - Hugo", "Endroit pour réunions tous les soirs de semaine - Le 102", "Pleins de marqueurs, peinture et tissus pour affiches - Tropaline", etc... Et agenda, évidemment, les manifs, mais aussi les soirées projections, les siestes musicales le mercredi et le samedi (au 102, le 102 c'est cool), une réu' pour aider une amie qui vient d'entrer en HP, l'ouverture officiel d'un squat ( le notre ! hourra !). Déjà, je trouvais ça assez cool, je veux dire comme outils, ces affiches. Je me suis dit que c'était comme toutes ces petites discussions où on cherche sans en trouver une yaourtière ou de la peinture, mais que là on avait un forum plus large, et aussi que c'était très bien de mélanger en un même endroit les demandes "personnelles", et les demandes "politiques". La réunion en tant que telle reprenait très exactement le même concept Affiche de chez nous
Affiche de chez nous
. C'est à dire que chacun annonçait à tour de rôle ses nouvelles ("on a fait une occup' de la réu' à Minatec, c'était trop bien"), ses besoins du moment ("quelqu'un connait un journaliste pas trop con au Dauphiné ?", "on aurait besoin de 3 persones pour tracter demain midi, y'a une rencontre de l'UNEF...", "ben nous on cherche toujours une toile bleue, si on en trouve pas y'aura pas de toilettes au prochain Lady Fest, je sais pas..."), les invitations ("atelier d'écriture en non-mixtité sur les rapports sexistes au quotidien, comme tous les mois au Local Autogéré...) et la créations de nouveaux réseaux ("y'a quelques personnes intéressées à reparler des prisons pour enfants, d'ailleurs on va vous lire le texte qu'on a écrit là-dessus, on commence la semaine prochaine la distribution dans les écoles primaires, si y'a des intéresséEs...). Y'a même un moment, une fille a annoncé qu'un cas de galle avait été déclaré dans son squat, qu'elle voulait que l'information tourne, et puis elle a tout bien expliqué : 1. comment ne pas l'attrapper et éviter une épidémie 2. quoi faire si on l'avait. J'ai trouvé ça bien, parce qu'en le nommant comme ça, ça a permis de faire exactement l'inverse de Lyon, où on en a jamais parlé tout le monde ensemble, que du coup tout le monde a paniqué dans son coin, a donc fait n'importe quoi et... la galle y circule encore, et ça rend les gens super irritables ("mais là! comment ça tu lui a prêté ma couverture ??? mais t'es folle ou quoi?). Et puis, c'était tout. La réunion a été fini après le tour de table Autonomia
Autonomia
. Rapidement, même trop rapidement terminé, et... TOUT LE RESTE S'EST RéGLé EN 2 MINUTES APRES QUE LA REUNION EUT ETE LEVéE. Si si, je vous le dit, j'étais là : les gens se sont littéralement pitché les uns sur les autres pour s'entraider.

 Depuis, je cogite, je cogite. Comment ce genre de communauté, basée sur des principes libertaires ET hautement efficace ET véritablement solidaire (Chacha a non seulement trouvé un four, mais des mitaines et un chauffage électrique. Et il y aura 6 personnes demain pour les tracts...) est elle parvenue à se constituer ? Toujours à la grandeur de Grenoble, 156 000 habitants...

L'une des premières réponses, c'est évidemment le choix, ou non, de la fameuse "autonomie", c'est à dire une organisation hors parti et parasyndicale. La fameuse postgauche, quoi. Le fait qu'ici, il n'y ait pas de formules Rand, que les syndicats soient depuis toujours organisés par microcellules volontaires dans différente entreprises plutôt qu'hégémoniquement à l'intérieur de chaque institution, qu'il y a une espèce de tradition des mutuelles "populaires" par commune dans les villes, qu'il y ait beaucoup beaucoup d'anarchistes espagnols et italiens qui sont venus se réfugier en France et y ait dévelloper d'autres formes d'organisations que celles qu'on connait chez nous, tout ça... Donc, de squats, de CISOA (réseau de centre sociaux autogérés), d'organisations en réseaux (genre, NOII ou GPA)... Tout ça, ça se sent en permanence, cette culture du collectif "d'amis", bref du groupe affinitaire, bref de la structure anarchiste, ça résonne toutes les fois que quelqu'un dit "Ah ouais, t'es un alterno, toi !". Et chez les alternos, tu sais que tu peux toujours bouffer pour prix libre, hein !

Tcho, amours
Mig
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