Le réflexe squat
Trip Start
Oct 01, 2007
1
16
32
Trip End
??? ??, 2008
Petit mot d'encouragement aux camarades qui sont sortis amochées de la grève à l'UQAM, je viens de voir les videos sur youtube, sur TVA... l'étudiant de droite qui passe à la télé, c'est nouveau, comme truc... ici, ils sont entrés (ils: on pense des étudiants de l'UNI, syndicat étudiant sarkozyste, autrefois franchement affilié au FN) dans une AG à Lille avec des barres de fer et des gaz lacrimos, pour vous dire... ça te fout une ambiance, et à entendre France Info qui n'en finit plus de s'effaroucher des méthodes "anti-démocratiques", quand franchement pas "terroristes" des grévistes... m'enfin, on en meurt pas, "if it was easy they would not call it a fight", et d'entendre vos speachs de 2 ans et demi après, mieux ficelés et bien tournés (je pense à la vidéo d'étienne qui arrangue la foule), de vous imaginer dans la tourmente, je vois des forces qui se sont construites tranquillement et qui sont prêtes à se lancer à nouveaux ... tant qu'à vivre autant que ce soit fort, le plus fort qu'on peut ! Amours, donc, et je serai avec vous cet hiver. Envoyez moi les dates quand vous les connaîtrez...
(ceci dit, si quelqu'unE peut me faire un compte-rendu rapide de la situation, des arrestations surtout, ça me dirait bien d'en savoir un peu plus... qu'est ce qui s'est passé pour que ça tourne aussi mal ?)
Intersquat des europes en cours à Dijon, préparation d'une journée internationale d'action en avril 2008, j'ai été happé par un camion et déporté aux Tanneries de force. Des déléguéEs de différents collectifs (et des non-déléguéEs et des perduEs aussi, d'ailleurs) de partout partout, AmsterdamCopenhagueBerlinBruxelleFranceBarceloneEtc, chacunE avec son histoire et ses débats internes... ça ressemble à un congrès de l'ASSé où on aurait gardé que les anti-rats. Je prends des notes, traduit sans arrêt pour les gens, fais la bouffe, commente mentalement les interventions, essaie d'avoir l'air punkrock pour me faire des potes.
Il y a bien les grecs qui ne cessent de relancer des appels à abattre
l'état, et quelques interventions qui focussent sur les possibilités
ouvertes par les squats, qui les voient comme un outil et non comme un
fin, mais en général les interventions tournent autour de "les squats,
c'est bien. les expulsions, c'est mal". L'idée étant que les deux sont liés, que moins on est fort plus on se fait matraquer, que plus on se fait matraquer moins on est fort, qu'il faut donc bouger ensemble et récolter les forces nécessaires à en accumuler d'autres, et ainsi de suite. On fait remarquer dans les corridors que toutes les forces accumulées servent principalement à se conserver elle-même, que plusieurs maisons se perdent dans la lutte pour la survie, que "squat" est un pansement comme un autre.
Certaines bonnes nouvelles, les gens de la Ungdomshouset ont entre autre réussi à dégôter un nouveau contrat avec la Mairie après que les flics aient écris un rapport pour dire qu'il leur était impossible d'assurer la sécurité du public dans les condtions actuelles (il y a des actions et de la casse chaque semaine depuis mars dernier...), et les méthodes utilisées par la police pendant la répression des émeutes ont été déclarées illégales (les poursuites tombent donc pour la plupart).
L'autonomie (et les contre-cultures qui viennent avec - punk, aristopostsitu, hippie ou angloveganqueer - ) est elle une stratégie efficace politiquement ? Efficace pour quoi, contre qui... Est-ce que les squats sont une bonne chose ? Bonne à quoi ? Le squat est de plus en plus clairement pour moi une forme, vide en soi et à remplir par la suite. Comme une manif ou un tract, quoi : ça peut traiter de n'importe quoi. C'est juste que ça prend vraiment plus d'énergie à tenir que tout le reste, une manif à 10 mais 24/24. J'arrive pas encore, et pourtant ça fait longtemps que j'y pense, à en cerner les possibilités et les limites. On ouvre des espaces, manifs ou squats, le Rhizome ou peut-être bientôt un village autogéré écolo-féministe à St-Henri, mais on y fait quoi ? Est-il possible de créer une nouvelle subjectivité à l'intérieur de l'ancienne ?
Une fatigue, un doute... il y a trop longtemps que je n'ai pas été dépassé par la force des événements, emporté par le mouvement. Une facheuse tendance à aimer la poésie des textes d'avantage que ce que je vois autour de moi, un danger, ça.
Bientôt, sur vos écrans, des dizaines de manifestations pro-squat, de plus, et un silence incroyable sur la répression qui en suivra. Des camarades en prison, peut-être, et le monde qui continue de tourner. Spectacle. Comment dépasser ce foutu cul-de-sac ?
Petite mélancolie, amours;
Mig
(ceci dit, si quelqu'unE peut me faire un compte-rendu rapide de la situation, des arrestations surtout, ça me dirait bien d'en savoir un peu plus... qu'est ce qui s'est passé pour que ça tourne aussi mal ?)
Intersquat des europes en cours à Dijon, préparation d'une journée internationale d'action en avril 2008, j'ai été happé par un camion et déporté aux Tanneries de force. Des déléguéEs de différents collectifs (et des non-déléguéEs et des perduEs aussi, d'ailleurs) de partout partout, AmsterdamCopenhagueBerlinBruxelleFranceBarceloneEtc, chacunE avec son histoire et ses débats internes... ça ressemble à un congrès de l'ASSé où on aurait gardé que les anti-rats. Je prends des notes, traduit sans arrêt pour les gens, fais la bouffe, commente mentalement les interventions, essaie d'avoir l'air punkrock pour me faire des potes.
Il y a bien les grecs qui ne cessent de relancer des appels à abattre
l'état, et quelques interventions qui focussent sur les possibilités
ouvertes par les squats, qui les voient comme un outil et non comme un
fin, mais en général les interventions tournent autour de "les squats,
c'est bien. les expulsions, c'est mal". L'idée étant que les deux sont liés, que moins on est fort plus on se fait matraquer, que plus on se fait matraquer moins on est fort, qu'il faut donc bouger ensemble et récolter les forces nécessaires à en accumuler d'autres, et ainsi de suite. On fait remarquer dans les corridors que toutes les forces accumulées servent principalement à se conserver elle-même, que plusieurs maisons se perdent dans la lutte pour la survie, que "squat" est un pansement comme un autre.
Certaines bonnes nouvelles, les gens de la Ungdomshouset ont entre autre réussi à dégôter un nouveau contrat avec la Mairie après que les flics aient écris un rapport pour dire qu'il leur était impossible d'assurer la sécurité du public dans les condtions actuelles (il y a des actions et de la casse chaque semaine depuis mars dernier...), et les méthodes utilisées par la police pendant la répression des émeutes ont été déclarées illégales (les poursuites tombent donc pour la plupart).
Autonomie ?
L'autonomie (et les contre-cultures qui viennent avec - punk, aristopostsitu, hippie ou angloveganqueer - ) est elle une stratégie efficace politiquement ? Efficace pour quoi, contre qui... Est-ce que les squats sont une bonne chose ? Bonne à quoi ? Le squat est de plus en plus clairement pour moi une forme, vide en soi et à remplir par la suite. Comme une manif ou un tract, quoi : ça peut traiter de n'importe quoi. C'est juste que ça prend vraiment plus d'énergie à tenir que tout le reste, une manif à 10 mais 24/24. J'arrive pas encore, et pourtant ça fait longtemps que j'y pense, à en cerner les possibilités et les limites. On ouvre des espaces, manifs ou squats, le Rhizome ou peut-être bientôt un village autogéré écolo-féministe à St-Henri, mais on y fait quoi ? Est-il possible de créer une nouvelle subjectivité à l'intérieur de l'ancienne ?
Une fatigue, un doute... il y a trop longtemps que je n'ai pas été dépassé par la force des événements, emporté par le mouvement. Une facheuse tendance à aimer la poésie des textes d'avantage que ce que je vois autour de moi, un danger, ça.
Bientôt, sur vos écrans, des dizaines de manifestations pro-squat, de plus, et un silence incroyable sur la répression qui en suivra. Des camarades en prison, peut-être, et le monde qui continue de tourner. Spectacle. Comment dépasser ce foutu cul-de-sac ?
Petite mélancolie, amours;
Mig

