Eloge de la paresse
Trip Start
Nov 07, 2007
1
33
49
Trip End
May 01, 2008
Le bleu reparait et lave le ciel au dessus de l'ocean. J'ai fuis Cairns pour Cap Tribulation un peu plus au nord, desert de jungle et de plages ou Cook debarqua en 1770. Une atmosphere de bout du monde; la foret humide descend des montagnes pour rejoindre la mer. Les plages y sont desertes et sublimes, sortes d'ecrins malefiques car crocodiles, requins et meduses mortelles dissuadent les visiteurs de se baigner dans ces eaux a plus de 30 degrés. Desormais seul a nouveau (Pauline est retournée dans une ferme), mon espace-temps s'etire et je goute aux longues siestes sur le sable blanc. Je n'ai pas encore été douché par les nuages aujourd'hui, presque un miracle.
Aujourd'hui je robinsonne a nouveau sur une plage deserte. Un gros varran a fait mine de me barrer l'entree mais j'ai passé outre son autorité. Je me sens davantage en vacances qu'en voyage depuis une semaine, sans doute a cause de ma sedentarité a cairns. Mes livres avancent a une vitesse effrenée et je me plais a consacrer une a deux heures par jour a un traité de physiologie respiratoire. En ce moment je percois pleinement la grandeur du temps qui m'est offfert, les journées sont longues et je les savoure avec delice. L'oisiveté est le plus jouissif des états; je n'en tire ni culpabilité ni soupcon d'ennui au contraire de ce que pourraient penser certaines mauvaises langues. Avoir du temps est le plus luxueux des privileges. J'aime la paresse et la revendique; de celle-ci fleurissent mon imagination, mes desirs. Il est facile de se recroqueviller dans une activité quotidienne (son travail...) qui occupe et annihile l'esprit et les sens. L'on s'y enferme sans meme s'en rendre compte. Je sais qu'il s'agit d'une fatalité presque irrémédiable alors je goute au bonheur de regarder les vagues se briser des heures durant.
Tiens au hasard d'un chemin j'ai croisé aujourd'hui un casoar. C'est l'animal le plus etrange de la creation...une sorte d'autruche a tete bleue portant une crete rouge vif et n'ayant pas l'air tres malin. Je verrais bien cette grosse poule poser, empaillée, sur le bureau d'André Breton.
Quand je pense a ce joyau qu'est laustralie, je me demande ce que serait devenu cet eldorado entre les mains d'un peuple possédant une histoire, une culture...ce peuple dominerait maintenant le monde j'en suis sur et produirait la gastronomie la plus fine, les arts les plus nobles, les idées les plus grandes. Mais non...Cook arrive un peu tard. Les australiens veulent ressembler aux americains (qu'ils detestent pourtant) et, a defaut d'exporter les arts, nous inondent....de Foster.
Aujourd'hui je robinsonne a nouveau sur une plage deserte. Un gros varran a fait mine de me barrer l'entree mais j'ai passé outre son autorité. Je me sens davantage en vacances qu'en voyage depuis une semaine, sans doute a cause de ma sedentarité a cairns. Mes livres avancent a une vitesse effrenée et je me plais a consacrer une a deux heures par jour a un traité de physiologie respiratoire. En ce moment je percois pleinement la grandeur du temps qui m'est offfert, les journées sont longues et je les savoure avec delice. L'oisiveté est le plus jouissif des états; je n'en tire ni culpabilité ni soupcon d'ennui au contraire de ce que pourraient penser certaines mauvaises langues. Avoir du temps est le plus luxueux des privileges. J'aime la paresse et la revendique; de celle-ci fleurissent mon imagination, mes desirs. Il est facile de se recroqueviller dans une activité quotidienne (son travail...) qui occupe et annihile l'esprit et les sens. L'on s'y enferme sans meme s'en rendre compte. Je sais qu'il s'agit d'une fatalité presque irrémédiable alors je goute au bonheur de regarder les vagues se briser des heures durant.
Tiens au hasard d'un chemin j'ai croisé aujourd'hui un casoar. C'est l'animal le plus etrange de la creation...une sorte d'autruche a tete bleue portant une crete rouge vif et n'ayant pas l'air tres malin. Je verrais bien cette grosse poule poser, empaillée, sur le bureau d'André Breton.
Quand je pense a ce joyau qu'est laustralie, je me demande ce que serait devenu cet eldorado entre les mains d'un peuple possédant une histoire, une culture...ce peuple dominerait maintenant le monde j'en suis sur et produirait la gastronomie la plus fine, les arts les plus nobles, les idées les plus grandes. Mais non...Cook arrive un peu tard. Les australiens veulent ressembler aux americains (qu'ils detestent pourtant) et, a defaut d'exporter les arts, nous inondent....de Foster.

