Sublime Road (1/2) : Qom,
Trip Start
Oct 11, 2008
1
26
34
Trip End
Nov 19, 2008
Avant la suite du récit, petit retour en arrière ! L'une des charmantes jeunes femmes de ma famille iranienne (épisode Masuleh, juste avant la capitale) a eu la bonne idée de m'envoyer quelques photos prises ce fameux vendredi ! J'en profite pour rendre un nouvel hommage à ces superbes personnes :)



(...)
J'ai donc quitté Teheran ce lundi après midi, épuisé par la matinée sportive. Ayant fini par trouver le bon bus parmi la centaine entassés dans l'immense terminal sud, un peu à l'image de la capitale, je me suis tout naturellement écroulé de sommeil. Reveillé une petite heure plus tard, ne sachant pas vraiment si j'étais arrivé à destination, je réalisai que mon regard sur la route au dehors, les iraniens au dedans, était tout à fait empreint d'une sensation tranquille, d'une espèce de filtre niais me portant à croire que j'étais amoureux du pays. Nous sommes arrivés pas longtemps plus tard à Qom, située entre Teheran et Esfahan, deuxième ville sainte du pays car la soeur du 6è Imam (porte-parole du Prophète après sa mort, on en compte 12 chez les chiites) y fut enterrée. A peine sorti du minibus (le bus ne dépose qu'à la périphérie), le choc : des tchadors (robe couvrant de la tête au pied, ne laissant apparaître que le visage) et des mollahs. La transition d'avec les blondes iraniennes en combinaison de ski, laissant tranquillement dépasser leur cheveux de leur capuche, fut incroyablement rapide. Mais il y a bien plus à dire à propos de Qom que ce détail (qui n'en est pas un). D'abord le regard étonné, curieux de sympathiques gens dont certains sont venus me parler, me demandant ce que je faisais là, pour quoi ce voyage et si l'Iran me plaisait. La visite de la ville surtout, et ce mausolée d'une beauté extraordinaire, d'une puissance émotionnelle terrassante et dont je fus le maladroit témoin, étant arrivé par mégarde au tombeau de Fatimah Ma'sumeh (dont l'accès est interdit aux non-musulmans). D'un coup, de simple touriste j'étais devenu un spectateur gêné de ne pas partager l'émotion (très, très librement exprimée) de ces pélerins ; je fuyai afin de ne pas déranger. Une rencontre extraordinaire s'en suivit, m'étant recueilli au centre de l'immense et sublime place principale du mausolée ; un américain, chiite, étudiant en théologie à Qom (capitale intellectuelle du monde chiite) et avec qui nous conversâmes (hum) une bonne heure sur l'Iran, l'Islam, le monde musulman et ses rapports avec l'occident. Décidément emballé par cette soirée chiite, j'atteignai le "Bazar Iraqien" (dont je compris le nom en entendant dans les allées à nouveau de l'arabe - vivement Oman) afin de me procurer un abâ, cette sublime "cape" que revêtent les mollahs au dessus du djellabah perse et de la fine laine dont j'ai oublié le nom officiel (voyez Nesrallah). Retrouvant mon hôtel, flottant de joie dans la nuit froide, mon nouveau pardessus donnait à mon ombre des airs de super-héros islamique.



C'est de très bonne heure que je gagnai en bus la petite ville de Kashan, entre Qom et Esfahan et dont le principal mérite est, dit-on, son athmosphère sympathique et ses maisons traditionnelles joliment restaurées. Il n'y a pas grand chose à redire sur le premier point, tant ma petite ballade matinale (accompagnée des désormais habituels regards tout ronds) à travers le bazar de la ville et ses environs fut réjouissante, le doux soleil aidant. Il y a en effet, également, ces maisons qui datent du XIXè et que l'on s'est décidé, ces 20 dernières années, à retaper/remotiver en souvenir du bon temps. J'en ai visité une d'entre elles, à l'époque plus grande baraque de tout le pays (!) et dont la facade cachait il est vrai l'immensité de l'ensemble ! Une visite dans le ton de cette matinée à Kashan, que je quittai après 3 petites heures à peine. Il n'y aurait rien à dire de plus si je n'avais pas fait la rencontre d'un homme qui, alors que je m'activai à trouver un moyen de locomotion, me prit en voiture, passa des coups de telephone et finit par faire arrêter un bus qui prenait la direction que j'espérais. Je n'eus même pas le temps de lui demander son nom, son métier ou de lui proposer de l'argent pour l'immense service rendu (pour le principe ; l'argent est ici systématiquement refusé dans ce genre de relations). "Kheyli mamnoun !", à peine. "Très reconnaissant", au moins.





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J'ai donc quitté Teheran ce lundi après midi, épuisé par la matinée sportive. Ayant fini par trouver le bon bus parmi la centaine entassés dans l'immense terminal sud, un peu à l'image de la capitale, je me suis tout naturellement écroulé de sommeil. Reveillé une petite heure plus tard, ne sachant pas vraiment si j'étais arrivé à destination, je réalisai que mon regard sur la route au dehors, les iraniens au dedans, était tout à fait empreint d'une sensation tranquille, d'une espèce de filtre niais me portant à croire que j'étais amoureux du pays. Nous sommes arrivés pas longtemps plus tard à Qom, située entre Teheran et Esfahan, deuxième ville sainte du pays car la soeur du 6è Imam (porte-parole du Prophète après sa mort, on en compte 12 chez les chiites) y fut enterrée. A peine sorti du minibus (le bus ne dépose qu'à la périphérie), le choc : des tchadors (robe couvrant de la tête au pied, ne laissant apparaître que le visage) et des mollahs. La transition d'avec les blondes iraniennes en combinaison de ski, laissant tranquillement dépasser leur cheveux de leur capuche, fut incroyablement rapide. Mais il y a bien plus à dire à propos de Qom que ce détail (qui n'en est pas un). D'abord le regard étonné, curieux de sympathiques gens dont certains sont venus me parler, me demandant ce que je faisais là, pour quoi ce voyage et si l'Iran me plaisait. La visite de la ville surtout, et ce mausolée d'une beauté extraordinaire, d'une puissance émotionnelle terrassante et dont je fus le maladroit témoin, étant arrivé par mégarde au tombeau de Fatimah Ma'sumeh (dont l'accès est interdit aux non-musulmans). D'un coup, de simple touriste j'étais devenu un spectateur gêné de ne pas partager l'émotion (très, très librement exprimée) de ces pélerins ; je fuyai afin de ne pas déranger. Une rencontre extraordinaire s'en suivit, m'étant recueilli au centre de l'immense et sublime place principale du mausolée ; un américain, chiite, étudiant en théologie à Qom (capitale intellectuelle du monde chiite) et avec qui nous conversâmes (hum) une bonne heure sur l'Iran, l'Islam, le monde musulman et ses rapports avec l'occident. Décidément emballé par cette soirée chiite, j'atteignai le "Bazar Iraqien" (dont je compris le nom en entendant dans les allées à nouveau de l'arabe - vivement Oman) afin de me procurer un abâ, cette sublime "cape" que revêtent les mollahs au dessus du djellabah perse et de la fine laine dont j'ai oublié le nom officiel (voyez Nesrallah). Retrouvant mon hôtel, flottant de joie dans la nuit froide, mon nouveau pardessus donnait à mon ombre des airs de super-héros islamique.



C'est de très bonne heure que je gagnai en bus la petite ville de Kashan, entre Qom et Esfahan et dont le principal mérite est, dit-on, son athmosphère sympathique et ses maisons traditionnelles joliment restaurées. Il n'y a pas grand chose à redire sur le premier point, tant ma petite ballade matinale (accompagnée des désormais habituels regards tout ronds) à travers le bazar de la ville et ses environs fut réjouissante, le doux soleil aidant. Il y a en effet, également, ces maisons qui datent du XIXè et que l'on s'est décidé, ces 20 dernières années, à retaper/remotiver en souvenir du bon temps. J'en ai visité une d'entre elles, à l'époque plus grande baraque de tout le pays (!) et dont la facade cachait il est vrai l'immensité de l'ensemble ! Une visite dans le ton de cette matinée à Kashan, que je quittai après 3 petites heures à peine. Il n'y aurait rien à dire de plus si je n'avais pas fait la rencontre d'un homme qui, alors que je m'activai à trouver un moyen de locomotion, me prit en voiture, passa des coups de telephone et finit par faire arrêter un bus qui prenait la direction que j'espérais. Je n'eus même pas le temps de lui demander son nom, son métier ou de lui proposer de l'argent pour l'immense service rendu (pour le principe ; l'argent est ici systématiquement refusé dans ce genre de relations). "Kheyli mamnoun !", à peine. "Très reconnaissant", au moins.



