A very fast introduction (2/2)
Trip Start
Oct 11, 2008
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Trip End
Nov 19, 2008
Vendredi devait être furieusement chargé ; il s'agissait de visiter un petit village de montagne près de Rasht avant de rejoindre, à 3 ou 4h de là, Qizvan, d'où je devais explorer une autre vallée abritant les "châteaux des assassins" (???), si possible pas dans le noir. Avant de gagner la capitale, le soir même. Je suis arrivé à Masuleh pas trop tard, m'autorisant une petite promenade dans le village (vieux d'un millénaire, ndlr) ; je me suis même dit que j'allais prendre un sobkhané (petit déjeuner) avec vue sur la rivière, histoire de me donner du courage avant le rush. On me pria de m'asseoir avant que des voix féminines attirent mon attention ; on me regardait, la table derrière, avec curiosité (certes). "Befarma'id" (je vous en prie), me dit un type près des demoiselles, m'indiquant le siège vide en face de lui. La conversation fut vite engagée. J'avais donc affaire à un famille de Teheran (le père de 60 ans, le fils de 40 ans et sa femme, les deux filles dont l'une de 20 ans avait ramené deux copines du même age) qui avait pris le weekend (jeudi-vendredi) pour se faire une petite expedition montagnarde, tranquille. Le fabuleux petit déjeuner (pain-miel-omelette-fromage) s'éternisa, et la proposition de visiter le coin ensemble avant de fondre sur Teheran me sembla quelque peu plus intéressante qu'une visite dans l'urgence de la vallée des Assassins, sauf votre respect. J'ai donc passé la journée avec ces iraniens de la classe moyenne, les discussions (fârsi-anglais) avec les filles poursuivant parfaitement la découverte de l'intérieur du pays débutée la veille, dans le bus. Ahmadinejad toujours pas (personne, à les croire), le caractère des femmes bien trempé et, plus original, l'aveu de n'être musulman(e)s que parce qu'il le vaut mieux (et le voile parce que pression sociale immense), me renvoyant à mes souvenirs egyptiens (Asr, train Louxor-le Caire). L'excursion en jeep dans la montagne, très sympathique, valut moins pour le paysage (pourtant joli) que pour l'image de ces iraniennes ici libres, le voile ôté et le rire résonnant dans la vallée.
Cette image d'un peuple Iranien si proche du notre dans les aspirations n'a pas une seule fois été mise à mal de la journée. L'idée qu'on ne choisit pas son gouvernement, décidément, devint écrasante. On m'offrit gateaux, thés, déjeuner et nous passâmes la deuxième partie de l'après midi sur la route vers Teheran (300km), le trajet en voiture par séquence rythmé par de la musique classique (quand le père parvenait à imposer l'oud, avec mon soutien) ou de la pop semblable aux joyeusetés déjà abordées chez nos voisins arabes (en outre largement méprisés, cf rappel historique). Vaguement euphorique, je réalisai lorsque l'on me déposa au coeur de la capitale que j'avais passé une journée immense, ne parvenant pas à trouver de raisons compréhensibles à l'extraordinaire et purement libre amour dont ces quelques iraniens avaient fait preuve à mon égard. Seul dans le métro, le plan à la main, je crus comprendre que j'étais bel et bien arrivé en Iran.
Cette image d'un peuple Iranien si proche du notre dans les aspirations n'a pas une seule fois été mise à mal de la journée. L'idée qu'on ne choisit pas son gouvernement, décidément, devint écrasante. On m'offrit gateaux, thés, déjeuner et nous passâmes la deuxième partie de l'après midi sur la route vers Teheran (300km), le trajet en voiture par séquence rythmé par de la musique classique (quand le père parvenait à imposer l'oud, avec mon soutien) ou de la pop semblable aux joyeusetés déjà abordées chez nos voisins arabes (en outre largement méprisés, cf rappel historique). Vaguement euphorique, je réalisai lorsque l'on me déposa au coeur de la capitale que j'avais passé une journée immense, ne parvenant pas à trouver de raisons compréhensibles à l'extraordinaire et purement libre amour dont ces quelques iraniens avaient fait preuve à mon égard. Seul dans le métro, le plan à la main, je crus comprendre que j'étais bel et bien arrivé en Iran.


