The most beautiful is on the east (1/2)

Trip Start Oct 11, 2008
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Trip End Nov 19, 2008


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Flag of Syria  ,
Saturday, November 1, 2008

No fear, mais c'est bien avec en tête l'idée de pénétrer le territoire irakien ne serait-ce quelques instants, pour faire comme dans les films (et dire "j'y étais"). La journée commençait bien mal, ce jeudi 30, tant on m'a fait poireauter pour quitter Palmyre ; un coup un taxi, un coup un bus et finalement le départ, le délai de 2-3h m'ayant tout de même permis de jetter un coup d'oeil à des ruines ayant revêti un aspect plus traditionnel, sec j'entends, et d'en conclure qu'effectivemment Palmyre c'est pas mal je vous recommanderai. Deir ez Zur, dans l'est de la Syrie, sentait déjà bien l'Iraq : les environs de la ville sont assez misérables et la pluie tombée la veille (ici aussi) avait donné au revêtement une dimension boueuse d'un point de vue esthétique assez désastreuse. Pas le temps de poser le sac non, et j'étais casé au milieu de quinze personnes, dans un minibus destination Abu Kamal. La journée pouvait commencer.

                                           

Le voyage fut assez merveilleux, complètement collé à des locaux et observant les alentours, du coup, avec une certaine immersion (l'expression est maladroite mais l'idée est passée j'espère). La banlieue, bientôt région de "Deir" est terriblement pauvre, sèche et parsemée de camps de réfugiés irakiens ; autant à Tyr, au bout de la misère il y avait la mer, autant là c'était le désert. La frontière se rapprochait et, ayant attaqué ma session quotidienne de persan, je ne jettais plus que des coups d'oeil furtifs vers l'extérieur, remarquant tout de même que le paysage s'était fleuri (et que mes voisins avaient du mal à saisir ce qu'un étranger farsiphone foutait là). La leçon fut finie et le collègue à ma droite hurla un truc au chauffeur, lui rappelant que je quittais le navire en route. En effet avant le village-frontière lui même je souhaitais visiter le site de Dura Europos, 20km plus au nord, parfaitement isolé donc mais valant, dit-on, le coup. Il était quelque chose comme 14h ce jeudi lorsque je fus déposé sur le bord de la route, et l'idée que décidément ces syriens sont serviables laissa place à un plaisir immense, le minibus repartant en vrombe : j'étais au milieu de nulle part, une petite route menant au site archéologique se détachant de "l'autoroute", les seuls poteaux electriques peuplant un paysage extrêmement aride mais que le temps, superbe aujourd'hui, rendait assez plaisant.

 


Le vert des champs qui avait pris progressive place du sec, depuis Deir, avait un autre nom : l'Euphrate. Fantasmant assez sur la Mesopotamie bien que n'ayant aucune culture sur le sujet, anormalement ému par le Nil lors de mon séjour egyptien, j'attendais avec impatience le moment où l'immense fleuve se montrerait. D'où le double intérêt de la visite de Doura Europos, que les Seleucides (grecs, IIe siecle avant notre ère) eurent la bonne idée de fonder au pied d'une falaise creusée par l'Euphrate, assurant à la citadelle une situation géographique difficile à prendre en défaut (et, bien que l'ensemble passa entre les mains des perses, des arabe et des romains, l'histoire leur a donné plutôt raison). Pénétrant le site parfaitement seul, j'esquivai les principales étapes de la visite traditionnelle pour atteindre le bout de la falaise. Là, sous mes yeux, coulait, immense, paisible, l'Euphrate ; une puissance tout à fait comparable au Nil, avec cette si superbe nature florissant sur les berges du fleuve, rappelant comment toute une vie surgit du désert par la force de l'eau. Profondément satisfait de cette première rencontre, je m'asseyai et pris ce qui s'apparente plus ou moins à un déjeuner. Seuls quelques hongrois vinrent, de manière tout à fait charmante en outre, rompre la tranquillité de ces lieux. Ce fut beau, ce fut bon, je quittai le site plein d'amour et de joie.

 
                                              

Le souci avec Douros Europa, par contre, c'est le retour. Et les minibus, comme celui que j'avais pris dans un sens, ne sont guère fréquents. A mesure que l'idée d'approcher l'Irak s'était faite concrête, à l'aller, j'avais réalisé que l'aventure pourrait être fort décevante dans la mesure où, contrairement à mon fantasme, il doit bien y avoir une borne de territoire syrien faisant bloc avant l'entrée en Irak ; qu'il me faudrait justifier mon départ du pays etc, et que ce ne serait pas juste une discussion sympathique avec des militaires américains "alors ca va ? vous venez d'où, d'Illinoi ?!". Bref, prenant progressivement conscience que les choses seraient probablement moins romantiques que prévues j'avais fait une croix, le succès de l'exped Douros aidant, sur ma mission commando. J'entrepris donc le retour vers Deir ez Zur, à pied, le bras tendu, le pouce en l'air et l'espoir hissé haut. C'est après 15mn environ, les nombreuses voitures passées sans s'arrêter ayant attaqué mon moral, qu'une moto s'arrêta. Deux jeunz, "tu vas ou?" "Deir", les rires (100km, tout de meme) et puis quand même, vas y monte. Je me retrouvai dans le désert, sur l'une de ces motos que j'ai tant vues et à propos d'une desquelles je m'étais dit, le matin même, ptain c'est classe je ferais bien un petit tour dessus quand même. Nous avons tracé une bonne demi heure ensemble, jusqu'à que nous rattrapions un minibus qui rejoignait Deir ez Zur. Quelques mots echangés en arabe (peu, avec ce vent et cette vitesse) aidèrent à faire du voyage une expérience fabuleuse, d'une beauté immense et dont le souvenir devrait probablement persister à jamais. La beauté de ces terres que nous traversions, les familles, les animaux et le regard mi amusé mi étonné de ceux que nous croisions, à fond la caisse, accrochés comme on le pouvait. Pas en Irak même, donc. Mais un épisode syrien éternel, dont je m'étais à peine remis lorsque je pénetrai pour de bond ez Zur, une demi heure plus tard. La vidéo que j'ai prise en route est de qualité très moyenne ; encore offre-t-elle quelques images de cet est syrien, à jamais inscrit en ma mémoire.

                                                
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