Beyrouth like home
Trip Start
Oct 11, 2008
1
11
34
Trip End
Nov 19, 2008
Extraordinaire. C'est un adjectif assez intéressant, dont l'usage traduit quelque peu l'évolution brutale et indépassable de nos sociétés occidentales : sur le chemin du tout le monde pareil, la consommation et le bonheur pour tous, sortir des normes, de l'ordinaire, est devenu gage de qualité. "Un film extraordinaire" avait dit Sean Penn à propos d'Entre les murs, que je suis allé voir juste avant le départ ; le distributeur avait jugé bon de flanquer l'affiche du film de la citation, parce que dans le fond ne pas être comme les autres c'est être super. Extraordinaire, donc, dont le sens a été parfaitement dévoyé par l'usage commun, est l'adjectif le plus pertinent à propos de Beyrouth. Je suis arrivé dans la capitale libanaise ce mercredi directement depuis Damas, après un voyage sur lequel je reviendrai probablement en fin de séjour au pays du Cèdre. Beyrouth est plus grande que Damas, en taille comme en habitants (ce qui surprend, à l'arrivée) ; elle est surtout bien plus empreinte de notre influence, proche de nos clichés urbains européens. Non : Beyrouth a tout d'une capitale européenne. Les voitures, les vitrines, les longues avenues, la propreté, les marques, les jeunes branchés, les restaurants chics. Déjà distincte de ses voisines arabes, la ville frappe d'autant plus qu'elle a connu une histoire contemporaine terrible, saignée par une guerre civile qui n'a véritablement cessé qu'il y a à peine 15 ans. Et pourtant, des investissements, des grues, de l'argent partout. Un centre-ville ahurissant, bloc bétonné de 500m sur 500m parfaitement propre, divisé en petites ruelles pleines de boutiques branchées et de bars donnant sur la "Place de l'Etoile" (in french) au centre de laquelle se dresse une tour/horloge élevée par notre sponsor Rolex. La traversée du petit quartier, hier dans la soirée, ne fut pas sans provoquer chez moi un certain vertige, partagé entre le sourire (la prouesse est tout de même remarquable), le réconfort (le luxe a tout de même ses vertus) et le doute.

Car honnêtement, le charme de cet incroyable îlot de richesse au milieu d'un moyen orient aux accents plutôt ruraux, trouve assez rapidement les limites propres à tout édifice artificiel massif. Un bloc de béton, tout aussi agréable qu'il soit, est un bloc de béton. La critique est facile, et je ne m'attendais à la brandir à vrai dire qu'après mon passage par les Emirats, entre l'Iran et Mascate. Beyrouth m'a vraiment fait penser à Dubaï, donc. Mais il serait injuste de cataloguer la capitale libanaise de manière aussi expeditive, et ce pour plusieurs raisons. Les premières images d'un peuple libanais cosmopolite, branchouille et accueillant ; la tranquilité de la corniche, la beauté du bord de mer ; l'énergie de la ville.

Ces mots pourraient être ceux utilisés pour Nice, Venise ou je ne sais quelle autre grande ville européenne bordant la Mediterranée. Là où Beyrouth sort une nouvelle fois de l'ordinaire c'est dans son quadrillage par l'armée, les tanks et les checkpoints s'étant intégré presque harmonieusement (comme les grues et bulldozers) au reste. Un climat assez étrange du coup, renforcé par l'interdiction assez généralisée de prendre des photos de la ville. J'ai fait un très large tour de la ville hier avant de la traverser largement ce matin ; j'en ai vu les principaux aspects, me suis impregné de son odeur assez profondément. A vrai dire, après la déjà bien urbaine Damas, j'aspire surtout à retrouver calme, culture arabe trad et solitude. Ce qui explique que je quitte dès cet après midi la capitale libanaise, pour une traversée du pays en deux ou trois jours au terme de laquelle nouvelles seront données.


Car honnêtement, le charme de cet incroyable îlot de richesse au milieu d'un moyen orient aux accents plutôt ruraux, trouve assez rapidement les limites propres à tout édifice artificiel massif. Un bloc de béton, tout aussi agréable qu'il soit, est un bloc de béton. La critique est facile, et je ne m'attendais à la brandir à vrai dire qu'après mon passage par les Emirats, entre l'Iran et Mascate. Beyrouth m'a vraiment fait penser à Dubaï, donc. Mais il serait injuste de cataloguer la capitale libanaise de manière aussi expeditive, et ce pour plusieurs raisons. Les premières images d'un peuple libanais cosmopolite, branchouille et accueillant ; la tranquilité de la corniche, la beauté du bord de mer ; l'énergie de la ville.

Ces mots pourraient être ceux utilisés pour Nice, Venise ou je ne sais quelle autre grande ville européenne bordant la Mediterranée. Là où Beyrouth sort une nouvelle fois de l'ordinaire c'est dans son quadrillage par l'armée, les tanks et les checkpoints s'étant intégré presque harmonieusement (comme les grues et bulldozers) au reste. Un climat assez étrange du coup, renforcé par l'interdiction assez généralisée de prendre des photos de la ville. J'ai fait un très large tour de la ville hier avant de la traverser largement ce matin ; j'en ai vu les principaux aspects, me suis impregné de son odeur assez profondément. A vrai dire, après la déjà bien urbaine Damas, j'aspire surtout à retrouver calme, culture arabe trad et solitude. Ce qui explique que je quitte dès cet après midi la capitale libanaise, pour une traversée du pays en deux ou trois jours au terme de laquelle nouvelles seront données.


