Darfur
Trip Start
May 16, 2006
1
20
47
Trip End
Jul 09, 2007
Je suis bel et bien de retour du Darfour, en un morceau qui va bien, malgré un peu de fatigue plus causée par des problèmes de digestions (appellons ça le Darfur Diet ... perdez 2 kilos en 1 semaines) que par les conditions de vie ou l'ampleur du boulot. Ca faisait aussi longtemps que je n'avais pas eu la joie des toilettes turques et des coquerelles ... Ca me rappelait le bon vieux temps de l'Asie.
Mais pour revenir au vrai Darfour. C'est que c'est beau le Darfur et les gens sont tellement accueillants! Pour moi, en plus, c'était ma première fois sur une vraie base, alors c'était amusant de découvrir les gadgets. Mettons les choses au clair tout de suite. Oui, je sais que c'est une catastrophe humanitaire et que des femmes se font violées à tout les jours jutse parce qu'elles vont chercher du bois; que des gens s'entretuent dans la plus grande violence; que c'est un jeu politique pervers pour bien des intéressés. Mais je refuse de me sentir coupable parce que j'arrive à m'amuser et à trouver de l'espoir et du beau au Darfour! Je ne vois pas comment j'arriverais à faire ce boulot sinon. Et ma visite à Nyala a confirmer tout ça pour moi, car en parlant avec mes collègues, en sentant la tension qui régnait sur notre base (et pas sur les bases des autres ONGs, selon mes contacts)j'ai réalisé comment beaucoup de gens sont dans ce domaine pour assouvir leurs démons.
Mais mes démons, ils vont plutôt bien, alors j'ai quand même trouver des trucs cools au Darfour. Premièrement, il faut imaginer la scène en arrivant.
Puis nous sommes arrivés à la base et là, c'était une autre histoire. Il faut dire que la raison de ma venue au Darfour était une série de meetings stratégie, qui ont dû être tout serrés en une journée pour des raisons inutiles d'expliquer ici. Anyway, j'avais aussi beaucoup fait la fête la veille du départ et donc je me suis tapée 8 heures de meetings après 3 heures de sommeil et bon, un peu la gueule de bois. Une chance que c'était fascinant parce que je n'aurais simplement pas pu endurer! ET après, quand j'espérais que tout soit fini, le Président ACF France nous a parti un débat, à la guesthouse, sur l'avenir, l'organisation et l'idéologie d'ACF! Je me suis couchée dans un état zombie assez incroyable!
Le lendemain, c'était le temps de découvrir la base et les programmes de Nyala.
Et puis c'est aussi très pratique car à Nyala, il y a 2 guesthouses, pas très loins, mais avec le couvre-feu et les autres mesures de sécurité, c'est plus simple de lancer l'appel général pour la commande de bouffe que de faire le tour de tout le monde. Les maisons sont assez basiques, mais quand même OK ... ce qu'il manque, c'est un espace coommun où tout le monde peut se retrouver, pluie ou non, pour se rassembler, manger, etc.
J'ai quand même travaillé pendant que j'étais là, parlant avec tout le monde pour essayer de rendre la relation Khartoum-Nyala plus "smooth", surtout en terme de communication et de logistique. Je suis aussi allée voir le TFC de Kalma. Si vous suivez les nouvelles - ou plutôt, si les nouvelles se rendent jusqu'à vous - Kalma c'est un gros camps de IDPs où c'est très tendu, où il y a eu une épidémie de cholera et où la violence est omniprésente. Dans ce milieu, le TFC est un hâvre de paix, je trouve, où l'on peut retrouver espoir et vraiment être fier d'être ACF. Ma visite a été trop courte à cause d'un "problème" de permis au checkpoint ... rien de sérieux, ils font juste exprès de faire chier les nouveaux, qu'ils reconnaissent instantanément (surtout quand leur t-shirt sont d'un blanc éclatant). Visite trop courte donc, mais très inspirante.
Maintenant, je suis revenue dans un minuscule avion. Papa, je sais que tu vas me le demander, c'était un Raytheon Beech 1900c; il y avait 20 places et c'était comme un autobus avec des ailes. Très cool quoi! Les petits sacs à vomir étaient en évidence ...
Je suis revenue, j'ai eu le temps de prendre une douche et il fallait aller au henné avec les filles de mon patron car la plus petite part et c'est la tradition de se faire faire du henné au départ. Je vais vous mettre des photos, je le jure, très bientôt et vous verrez comment c'est joli!
Là c'est vendredi et il faut que j'essaie de réparer une erreur que j'ai fait cette semaine. Disons que point de vue détails, ça n'a pas été ma meilleure semaine. Et travailler à distance du bureau, c'est tricky. Si je ne peux pas réparer, ça se peut que je doive retourner au Darfour la semaine prochaine, à Gereida ou le plus grand camps de IDPs au monde, accompagner des journalistes, chose pour laquelle je ne suis pas qualifiée et tout le monde le sait!
Je vous quitte maintenant et je veux des nouvelles du Québec, surtout des Rousseau qui n'écrivent pas!
J'vous aime gros!
Edith
xox
Mais pour revenir au vrai Darfour. C'est que c'est beau le Darfur et les gens sont tellement accueillants! Pour moi, en plus, c'était ma première fois sur une vraie base, alors c'était amusant de découvrir les gadgets. Mettons les choses au clair tout de suite. Oui, je sais que c'est une catastrophe humanitaire et que des femmes se font violées à tout les jours jutse parce qu'elles vont chercher du bois; que des gens s'entretuent dans la plus grande violence; que c'est un jeu politique pervers pour bien des intéressés. Mais je refuse de me sentir coupable parce que j'arrive à m'amuser et à trouver de l'espoir et du beau au Darfour! Je ne vois pas comment j'arriverais à faire ce boulot sinon. Et ma visite à Nyala a confirmer tout ça pour moi, car en parlant avec mes collègues, en sentant la tension qui régnait sur notre base (et pas sur les bases des autres ONGs, selon mes contacts)j'ai réalisé comment beaucoup de gens sont dans ce domaine pour assouvir leurs démons.
Mais mes démons, ils vont plutôt bien, alors j'ai quand même trouver des trucs cools au Darfour. Premièrement, il faut imaginer la scène en arrivant.
Darfur from above
Le petit "international airport" bourré d'hélicos sur le tarmac, où l'on marche de notre Dash-8 vers - oui, oui - le carroussel à baggages! Puis on sort et le 4x4 ACF nous attends. On prend la route, après avoir communiqué avec la base par radio, et puis le chauffeur met du Bob Marley (Could you be loved and love?) et on s'élance sur la route. Partout, c'est vert, il y a des enfants, des ânes, des chevaux ... c'est la saison des pluies, c'est samedi midi : Bienvenue au Darfour. Miriam, je sais que je devais jouer "California Love", mais à moins que tu m'envoies une CASSETTE, ça ne sera pas possible! Mais moi qui était toute anxieuse à l'idée du Darfour, j'étais assez déboussolée par cette scène idyllique!Puis nous sommes arrivés à la base et là, c'était une autre histoire. Il faut dire que la raison de ma venue au Darfour était une série de meetings stratégie, qui ont dû être tout serrés en une journée pour des raisons inutiles d'expliquer ici. Anyway, j'avais aussi beaucoup fait la fête la veille du départ et donc je me suis tapée 8 heures de meetings après 3 heures de sommeil et bon, un peu la gueule de bois. Une chance que c'était fascinant parce que je n'aurais simplement pas pu endurer! ET après, quand j'espérais que tout soit fini, le Président ACF France nous a parti un débat, à la guesthouse, sur l'avenir, l'organisation et l'idéologie d'ACF! Je me suis couchée dans un état zombie assez incroyable!
Le lendemain, c'était le temps de découvrir la base et les programmes de Nyala.
Guest house 1
Ils comment plus tôt que nous et finissent plus tard, ce qui est assez fatiguant, mais je suis tough, je suis une humanitaire. Armée de mon t-shirt ACF X-L flambant neuf et blanc, je suis allée au bureau rencontrer l'équipe. Vraiment, on a l'air à des amateurs à Khartoum (mais pas pour longtemps) comparé à comment cette base roule ! Et puis c'est là que j'ai eu ce qui est sans doute le truc le plus cool du terrain: mon handset VHF. C'est une radio grosse comme les vieux cellulaires et on l'a toujours avec nous, pour dire à la base où nous sommes, où nous allons et, évidemment, s'il y a des problèmes, pour qu'on puisse nous aider. J'étais tellement "obsédée" par les codes et la façon de communiquer que j'étais rivée à la radio 24/7. J'en ai rêvé toute la nuit et maintenant, je pense qu'on devrait en avoir à Khartoum! Toutes mes fantaisies d'espionnes se réalisaient avec cette petite radio. On peut effectivement entendre toutes les conversations de tout le monde et c'est irrésistible : c'est comme prendre une marche le soir dans la rue et regarder les maisons des gens, voir comment ils ont décoré, ce qu'ils écoutent à la télé, etc.Et puis c'est aussi très pratique car à Nyala, il y a 2 guesthouses, pas très loins, mais avec le couvre-feu et les autres mesures de sécurité, c'est plus simple de lancer l'appel général pour la commande de bouffe que de faire le tour de tout le monde. Les maisons sont assez basiques, mais quand même OK ... ce qu'il manque, c'est un espace coommun où tout le monde peut se retrouver, pluie ou non, pour se rassembler, manger, etc.
Haboub 1
Et puis je dois vous dire les instructions pour me rendre à ma guesthouse à partir du bureau: "Tu sors, tu tournes à gauche, la première à droite et puis tu tournes à gauches arrivée à l'âne. Là tu suis le petit chemin et voilà!" Vous avez bien lu: tourne à gauche à l'âne! Génial!J'ai quand même travaillé pendant que j'étais là, parlant avec tout le monde pour essayer de rendre la relation Khartoum-Nyala plus "smooth", surtout en terme de communication et de logistique. Je suis aussi allée voir le TFC de Kalma. Si vous suivez les nouvelles - ou plutôt, si les nouvelles se rendent jusqu'à vous - Kalma c'est un gros camps de IDPs où c'est très tendu, où il y a eu une épidémie de cholera et où la violence est omniprésente. Dans ce milieu, le TFC est un hâvre de paix, je trouve, où l'on peut retrouver espoir et vraiment être fier d'être ACF. Ma visite a été trop courte à cause d'un "problème" de permis au checkpoint ... rien de sérieux, ils font juste exprès de faire chier les nouveaux, qu'ils reconnaissent instantanément (surtout quand leur t-shirt sont d'un blanc éclatant). Visite trop courte donc, mais très inspirante.
Maintenant, je suis revenue dans un minuscule avion. Papa, je sais que tu vas me le demander, c'était un Raytheon Beech 1900c; il y avait 20 places et c'était comme un autobus avec des ailes. Très cool quoi! Les petits sacs à vomir étaient en évidence ...
Je suis revenue, j'ai eu le temps de prendre une douche et il fallait aller au henné avec les filles de mon patron car la plus petite part et c'est la tradition de se faire faire du henné au départ. Je vais vous mettre des photos, je le jure, très bientôt et vous verrez comment c'est joli!
Là c'est vendredi et il faut que j'essaie de réparer une erreur que j'ai fait cette semaine. Disons que point de vue détails, ça n'a pas été ma meilleure semaine. Et travailler à distance du bureau, c'est tricky. Si je ne peux pas réparer, ça se peut que je doive retourner au Darfour la semaine prochaine, à Gereida ou le plus grand camps de IDPs au monde, accompagner des journalistes, chose pour laquelle je ne suis pas qualifiée et tout le monde le sait!
Je vous quitte maintenant et je veux des nouvelles du Québec, surtout des Rousseau qui n'écrivent pas!
J'vous aime gros!
Edith
xox

