Sri Lanka
Trip Start
May 16, 2006
1
17
47
Trip End
Jul 09, 2007
Il y a quelques mois, au fin fond de l'hiver québécois, je rêvais de soleil, je rêvais de repartir. Quand est venu le temps de finaliser le lieux de ce stage, tout le monde s'écriait haut et fort contre mon premier choix : le Soudan. Beaucoup de discussions ont eu lieu, certaines plus enflammées que d'autres, pendant lesquelles on voulait m'empêcher de venir dans ce désert - et surtout dans ce Darfour - si violents, si durs, si injustes.
Si vous lisez ces lignes, vous avez sans doute lu celles écrites dans le pays qui m'a tant donné : le Sri Lanka. Ce fut mon premier contact avec l'humanitaire et, dans un sens, avec l'humanité la plus pure. Ce fut aussi mon premier contact avec Action Contre la Faim, ou comme les locaux disaient « Action Fame » à cause du logo sur les camions. On m'en avait parlé en grand bien, alors quand, le 14 septembre dernier, cette organisation est revenue dans ma vie dans le cadre de Managers Sans Frontières, il n'y avait aucun doute dans mon esprit : je ferais partie de l'équipe
J'ai bûché dur toute l'année, de tout les côtés, surtout en ce qui avait trait à la négociation de ce stage. J'ai vraiment l'impression d'avoir activement contribué à développer la relation MngSF-ACF et aujourd'hui, plus que jamais, je vais travailler, fatiguée soit et parfois un peu frustrée, mais pas peu fière de faire partie d'ACF, au Soudan, mais un peu aussi au Sri Lanka, par relation de famille, là où pour moi, tout a commencé.
Or, je viens tout juste d'apprendre une nouvelle absolument horrible. 17 staff nationaux d'ACF Sri Lanka ont été exécutés. Une balle chacun dans la tête, visage au sol, 13 hommes, 4 femmes. A qui la faute ? Peu importe ? Et tout ça dans un endroit où je suis allée.
Je ne sais pas ce qui me choque le plus : que des gens chez qui j'ai probablement mangé, rit et travaillé sont probablement morts, si ce n'est morts de peur, ou que des collègues deviennent des cibles ? Leurs visages me reviennent en vague, pour ne pas dire en tsunami.
Alors je dédie ce petit coin du cyberespace à mes collègues, passés, présents et futurs, expats et locaux ; musulmans, hindoux, buddhistes, cathos ou juste humains ...
Que cette tragédie serve au moins de leçon à ceux qui basent leurs décisions sur des statistiques et des rapports, qui se sentaient et se seraient sentis tellement plus en sécurité de me savoir au Sri Lanka, plutôt que dans cette tempête de sable qu'est le Soudan. Ca n'a rien à voir ... une vie est une vie, une balle est une balle, à Muttur, au Darfour ou à Montréal. Et ce travail, j'y crois plus que jamais; j'ai le coeur brisé, mais quelle meilleure raison pour faire changer les choses?
Si vous lisez ces lignes, vous avez sans doute lu celles écrites dans le pays qui m'a tant donné : le Sri Lanka. Ce fut mon premier contact avec l'humanitaire et, dans un sens, avec l'humanité la plus pure. Ce fut aussi mon premier contact avec Action Contre la Faim, ou comme les locaux disaient « Action Fame » à cause du logo sur les camions. On m'en avait parlé en grand bien, alors quand, le 14 septembre dernier, cette organisation est revenue dans ma vie dans le cadre de Managers Sans Frontières, il n'y avait aucun doute dans mon esprit : je ferais partie de l'équipe
FROM AP : ACF SL van
.J'ai bûché dur toute l'année, de tout les côtés, surtout en ce qui avait trait à la négociation de ce stage. J'ai vraiment l'impression d'avoir activement contribué à développer la relation MngSF-ACF et aujourd'hui, plus que jamais, je vais travailler, fatiguée soit et parfois un peu frustrée, mais pas peu fière de faire partie d'ACF, au Soudan, mais un peu aussi au Sri Lanka, par relation de famille, là où pour moi, tout a commencé.
Or, je viens tout juste d'apprendre une nouvelle absolument horrible. 17 staff nationaux d'ACF Sri Lanka ont été exécutés. Une balle chacun dans la tête, visage au sol, 13 hommes, 4 femmes. A qui la faute ? Peu importe ? Et tout ça dans un endroit où je suis allée.
Je ne sais pas ce qui me choque le plus : que des gens chez qui j'ai probablement mangé, rit et travaillé sont probablement morts, si ce n'est morts de peur, ou que des collègues deviennent des cibles ? Leurs visages me reviennent en vague, pour ne pas dire en tsunami.
Alors je dédie ce petit coin du cyberespace à mes collègues, passés, présents et futurs, expats et locaux ; musulmans, hindoux, buddhistes, cathos ou juste humains ...
Que cette tragédie serve au moins de leçon à ceux qui basent leurs décisions sur des statistiques et des rapports, qui se sentaient et se seraient sentis tellement plus en sécurité de me savoir au Sri Lanka, plutôt que dans cette tempête de sable qu'est le Soudan. Ca n'a rien à voir ... une vie est une vie, une balle est une balle, à Muttur, au Darfour ou à Montréal. Et ce travail, j'y crois plus que jamais; j'ai le coeur brisé, mais quelle meilleure raison pour faire changer les choses?


Comments
Je suis désolée
Salut Edith,
Je suis vraiment désolée d'appredre ce qui est arrivé aux expats d'ACF au Sri Lanka. Quand je travaillais à la Croix-Rouge ont avait des emails nous informant de tragédie comme celle-là. C'est dur en effet de comprendre pourquoi on fait du mal à des personnes venues aider, il n'y a rien qui peut justifier de tels actes.
Je n'ai jamais été contre le fait que tu sois à Karthoum, je pense qu'aujourd'hui il peut arriver n'importe quoi dans n'importe quel pays, le temps de la sécurité des expats est révolue. Malheureusement l'identification à l'association est souvent plus comprommétente que sécurisante.
Je te souhaite bonne continuation et bon courage.
Val
xxxx
PS : In the other hand, I'm still waiting for your APO report !