ACTION contre la faim
Trip Start
May 16, 2006
1
15
47
Trip End
Jul 09, 2007
C'est cette semaine que je me suis rappelée pourquoi on appelle ce domaine l'ACTION humanitaire. Alors que ça faisait exactement 3 semaines que j'étais à Khartoum et que, honnêtement, je commençais un peu à m'emmerder, me voyant passer 6 mois à écrire des rapports et des proposals, on reçoit un appel disant qu'on a un incident sécurité dans une base du Sud. Comme on dit dans cette ONG française; bordel de merde!
Commence alors la chasse aux renseignements. J'adore et admire les CdM et le Coordo Logistique, mais si je n'avais pas été là, ils seraient encore en train de donner les mauvais numéros de téléphones, à perdre tout les stylos et papiers et à laisser les batteries des Thurayas (téléphone satellite), portables, etc. se vider. Ils avaient l'expérience pour dealer avec tout ça, mais j'avais l'organisation! C'est moi qui ait contacté UNMIS (United Nations Mission In Sudan) et WFP pour avoir l'info du terrain, pendant qu'on n'arrivait pas à rejoindre personne de notre équipe. Y'a vraiment un côté surréel à travailler ici, mais pendant que je parlais à tous ces commandants militaires et qu'ils me prenaient au sérieux, y'avait une partie de moi qui avait vraiment de la difficulté à le croire. Alors imaginez la stagiaire en train de regarder son Chef de Mission pour lui dire:"Heu, Franck? UNMIS nous dit d'évacuer, les hélicos sont en stand-by dans leur compound." Ça va définitivement sur la liste de choses que je ne pensais pas dire pendant mon stage!
Notre équipe est donc aller dormir à l'abri dans le compound, mais comme tout le monde a discuté et re-discuté, on a en fait manqué les hélicos et UNMIS a dû les héberger. Disons que la réputation d'ACF d'avoir les plus belles filles du domaine a peut-être joué en leur faveur ;-)
Je suis donc allée me coucher à 1am, le temps de me laver après une journée de 15 heures et le lendemain midi, on nous dit que tout est rentré en ordre. Retour à prendre les minutes du meeting de coordination ... yeh. On reprend notre routine, maintenant conscients de la responsabilité sécurité. De nombreuses leçons ont été apprises. On arrive pour partir à 6pm et le Thuraya sonne ; c'est reparti! Cette fois-ci, pas de discussion, tout le monde se rend au compound UNMIS sans broncher. On prépare l'évacuation pour le lendemain sur Khartoum; l'équipe est épuisée, il y a des enfants et des rumeurs de représailles pour la population arabe, et toujours les problèmes de com.
Avant de partir, j'avais lu en long et en large le module sécurité et la chose qui en ressortait (à part le besoin d'apprendre l'alphabet international), c'est que l'évacuation, c'est LA chose qu'on ne veut pas faire. Ça coute cher, ça met le bordel dans les programmes et surtout, nos bénéficiaires en souffrent. Ici, on débat toujours si c'était la meilleure solution, mais maintenant que l'équipe est revenue, tout le monde est quand même soulagé que tous soient sains et saufs. Ils ont de très bonnes histoires à raconter, mais on voit clairement qu'ils ont hâte de retourner et qu'ils s'en font pour leur équipe locale et leurs bénéficiaires.
Ce qui me rappelle à nouveau pourquoi je fais ces rapports, minutes et horraires de fous. Mais c'est tellement facile d'oublier quand on travaille dans un bureau et qu'on fait notre petite routine, quand d'habitude, notre plus grand problème est de se mettre sur la liste pour le party où qui aura quelle chambre quand quelqu'un part et 2 nouveaux arrivent. Car l'auberge soudanaise est toujours en marche ... ça fait presque Loft Story des fois, aves les gens qui changent de chambre et essaient de le cacher, ceux qui ne cachent rien, surtout pas qu'ils auront le coeur brisé quand l'autre va repartir en fin de mission. Je ne suis, pour le moment, dans aucune de ses situations, mais sachez que l'humanitaire n'est pas à l'abri de cette "action" là non plus.
Mais pour revenir à l'action humanitaire, je vois déjà les emails si vous apprenez qu'il y a eu des manifestations à Khartoum. L'idée, c'est qu'on est assez loin du centre alors on n'a pas vraiment à s'en faire; et que la communauté ONG est assez proche et donc tout se sait en moins de 2, alors ne vous en faites pas, on fait attention à tout le monde. Ne vous en faites pas non plus quand j'irai au Darfour le mois prochain, car il faut voir ce pourquoi, pour qui, on travaille, sinon ce travail ne fait pas de sens et autant travailler dans un endroit où il ne fait pas 48C et où je dois être couverte à partir du cou, toujours et encore!
Au cas où il y aurait des doutes, je vais très bien, même si je vois déjà le email de Miriam qui me dit que je suis folle. Peu importe, j'aime ce que je fais et - pour Monsieur CH - en terme d'expérience d'apprentissage, c'est quand même excellent d'apprendre à coordonner une évacuation, même si j'espère qu'on n'en aura pas d'autre.
Sur ce, je retourne à mon vendredi et les imams et leurs prières (toujours plus virulentes le vendredi).
Une pensée toute spéciale, cependant, pour Romain et Chloé qui se marrient, à l'instant même, à Tourtour (France). J'aurais voulu être là, mais à défaut d'y être physiquement, j'y suis en pensées. Je suis certaine que Miriam, Audrey et Véro représentent le Québec impeccablement et que Chloé est absolument magnifique dans sa robe. Tous mes voeux d'amour et de bonheur!
Edith
xox
Commence alors la chasse aux renseignements. J'adore et admire les CdM et le Coordo Logistique, mais si je n'avais pas été là, ils seraient encore en train de donner les mauvais numéros de téléphones, à perdre tout les stylos et papiers et à laisser les batteries des Thurayas (téléphone satellite), portables, etc. se vider. Ils avaient l'expérience pour dealer avec tout ça, mais j'avais l'organisation! C'est moi qui ait contacté UNMIS (United Nations Mission In Sudan) et WFP pour avoir l'info du terrain, pendant qu'on n'arrivait pas à rejoindre personne de notre équipe. Y'a vraiment un côté surréel à travailler ici, mais pendant que je parlais à tous ces commandants militaires et qu'ils me prenaient au sérieux, y'avait une partie de moi qui avait vraiment de la difficulté à le croire. Alors imaginez la stagiaire en train de regarder son Chef de Mission pour lui dire:"Heu, Franck? UNMIS nous dit d'évacuer, les hélicos sont en stand-by dans leur compound." Ça va définitivement sur la liste de choses que je ne pensais pas dire pendant mon stage!
Notre équipe est donc aller dormir à l'abri dans le compound, mais comme tout le monde a discuté et re-discuté, on a en fait manqué les hélicos et UNMIS a dû les héberger. Disons que la réputation d'ACF d'avoir les plus belles filles du domaine a peut-être joué en leur faveur ;-)
Je suis donc allée me coucher à 1am, le temps de me laver après une journée de 15 heures et le lendemain midi, on nous dit que tout est rentré en ordre. Retour à prendre les minutes du meeting de coordination ... yeh. On reprend notre routine, maintenant conscients de la responsabilité sécurité. De nombreuses leçons ont été apprises. On arrive pour partir à 6pm et le Thuraya sonne ; c'est reparti! Cette fois-ci, pas de discussion, tout le monde se rend au compound UNMIS sans broncher. On prépare l'évacuation pour le lendemain sur Khartoum; l'équipe est épuisée, il y a des enfants et des rumeurs de représailles pour la population arabe, et toujours les problèmes de com.
Avant de partir, j'avais lu en long et en large le module sécurité et la chose qui en ressortait (à part le besoin d'apprendre l'alphabet international), c'est que l'évacuation, c'est LA chose qu'on ne veut pas faire. Ça coute cher, ça met le bordel dans les programmes et surtout, nos bénéficiaires en souffrent. Ici, on débat toujours si c'était la meilleure solution, mais maintenant que l'équipe est revenue, tout le monde est quand même soulagé que tous soient sains et saufs. Ils ont de très bonnes histoires à raconter, mais on voit clairement qu'ils ont hâte de retourner et qu'ils s'en font pour leur équipe locale et leurs bénéficiaires.
Ce qui me rappelle à nouveau pourquoi je fais ces rapports, minutes et horraires de fous. Mais c'est tellement facile d'oublier quand on travaille dans un bureau et qu'on fait notre petite routine, quand d'habitude, notre plus grand problème est de se mettre sur la liste pour le party où qui aura quelle chambre quand quelqu'un part et 2 nouveaux arrivent. Car l'auberge soudanaise est toujours en marche ... ça fait presque Loft Story des fois, aves les gens qui changent de chambre et essaient de le cacher, ceux qui ne cachent rien, surtout pas qu'ils auront le coeur brisé quand l'autre va repartir en fin de mission. Je ne suis, pour le moment, dans aucune de ses situations, mais sachez que l'humanitaire n'est pas à l'abri de cette "action" là non plus.
Mais pour revenir à l'action humanitaire, je vois déjà les emails si vous apprenez qu'il y a eu des manifestations à Khartoum. L'idée, c'est qu'on est assez loin du centre alors on n'a pas vraiment à s'en faire; et que la communauté ONG est assez proche et donc tout se sait en moins de 2, alors ne vous en faites pas, on fait attention à tout le monde. Ne vous en faites pas non plus quand j'irai au Darfour le mois prochain, car il faut voir ce pourquoi, pour qui, on travaille, sinon ce travail ne fait pas de sens et autant travailler dans un endroit où il ne fait pas 48C et où je dois être couverte à partir du cou, toujours et encore!
Au cas où il y aurait des doutes, je vais très bien, même si je vois déjà le email de Miriam qui me dit que je suis folle. Peu importe, j'aime ce que je fais et - pour Monsieur CH - en terme d'expérience d'apprentissage, c'est quand même excellent d'apprendre à coordonner une évacuation, même si j'espère qu'on n'en aura pas d'autre.
Sur ce, je retourne à mon vendredi et les imams et leurs prières (toujours plus virulentes le vendredi).
Une pensée toute spéciale, cependant, pour Romain et Chloé qui se marrient, à l'instant même, à Tourtour (France). J'aurais voulu être là, mais à défaut d'y être physiquement, j'y suis en pensées. Je suis certaine que Miriam, Audrey et Véro représentent le Québec impeccablement et que Chloé est absolument magnifique dans sa robe. Tous mes voeux d'amour et de bonheur!
Edith
xox

