Se huele la cumbre !
Trip Start
Oct 17, 2007
1
19
53
Trip End
Apr 04, 2008
Depuis le début de notre voyage, nous avons déjà fait pas mal de montagne. Et nous vous avons déjà raconté avec force détails nos aventures en altitude. Seulement voila, nous ne pouvions pas rester sur la tentative avortée d'ascension du Sairecabur à San Pedro de Atacama. Il fallait ab-so-lu-ment qu'on se refasse un peu de haute (pour nous) montagne, il fallait ab-so-lu-ment qu'on retrouve l'ivresse des cimes, il fallait du coup ab-so-lu-ment qu'on trouve un endroit pour assouvir notre faim d'altitude.
Un couple de francais rencontré à San Pedro nous ouvre les yeux : « Le Cordon del Plata est un massif magnifique, et il y a le refuge San Bernardo, le plus haut du massif, tenu par un francais, qui est l'endroit idéal pour les randonnées, sautez sur l'occasion, n'hésitez pas, ce n'est pas loin de Mendoza ! » nous disent-ils entre 2 bouchées de Lomo-papas fritas.
Quelques jours plus tard, nous arrivons à Mendoza, via Salta, avec en poche une réservation pour 3 nuits au refuge San Bernardo. Le temps de s'acclimater au climat « chaudronesque » de la ville (38 degrés dans l'après midi, et oui, je sais, ca vous fait tous rêver en ce moment, mais que voulez-vous, c'est l'été ici !) et nous voila repartis en direction du refuge. Nous quittons la bouillante Mendoza, traversons le désert et arrivons à 2900 mètres d'altitude, au refuge San Bernardo, orné de drapeaux francais. Ce refuge a été construit par un guide de Chamonix, qui est actuellement en vacances en France. C'est donc Dario, un jeune argentin, qui nous accueille. Le programme est simple : une petite randonnée pas compliquée le 1er jour, pour s'acclimater, et des bonnes marches vendredi et samedi pour profiter au maximum de ce magnifique massif.
Dario nous indique une marche de 4h, très facile, jusqu'à Piedra Grande, lieu de camping des Andinistes qui rejoignent ensuite les 6000m. Rando facile, temps idéal, on trouve quand même le moyen de ne pas prendre le bon chemin, et de ne pas arriver exactement à l'endroit prévu. Peu importe, le chemin du retour au refuge est simple (le même qu'à l'aller), et on rentre au refuge pour découvrir qu'il a été investi par un groupe de 7 argentins. Des gens qui viennent de la région de Bahia Blanca, sur la côte, et qui sont là pour faire quelques randonnées entre amis, l'un d'eux étant guide de montagne dans le Cordon del Plata. Présentation, échange d'amabilités classiques, genre «-D'ou venez-vous -De France -Ah bon, donc vous êtes Francais - Eeeeehh béééé oui ! », bref, c'est l'entente cordiale.
Vanessa et moi nous installons pour manger et discuter avec Dario, afin qu'il nous conseille une belle rando pour le lendemain. Voila qu'Alejandro, le guide argentin, entre dans la discussion, et nous dit « Amigos, demain, on monte au Loma Blanca, si vous voulez, vous pouvez venir avec nous, ca nous fera très plaisir, non, ca ne nous gêne pas, bien au contraire ! ». Le moyen de refuser une telle invitation, hmmmmm ?? Nous sommes un peu gênés, mais c'est proposé tellement naturellement et gentiment que nous acceptons sans hésitation.
Le lendemain, réveil à 7h30 pour partir à 8h30. Sur la table du petit déjeuner, nous decouvrons 4 sandwichs, et Inès, l'épouse du guide nous explique que ces sandwichs sont pour nous. On est littéralement rouges de confusion, on remballe nos sandwichs « pain de mie Harry's -jambon Herta - vache qui rit » (vous pouvez remplacer par des marques argentines) au Frigo, et on suit nos amis pour le début de la rando ! Nous commencons par monter à l'Arenales, le 1er sommet qui mène au Loma Blanca, puis à Estudiantes. Pendant toute la montée, on discute avec nos hôtes qui nous apprennent des expressions argentines, qu'on leur traduit aussitôt en Francais.
Lorsque nous sommes en vue du sommet d'Arenales, Inès s'ecrie « - ¿Hay olor de la cumbre ? -¡ Si, se huele la cumbre ! » lui répond son mari. Voila, ca sent le sommet ! Arenales, 3700m d'altitude, et nous assistons alors à un curieux cérémonial : tous les argentins se tombent dans les bras et dans les notres aussi, et tout le monde se remercie et se félicite ! Et aussitot fait, ils empoignent tous leur télephones portables pour appeler les enfants, les parents, les amis, les voisins et concierges et leur dire qu'ils font une ascension avec les amigos untel et untel, qu'il fait un temps MA-GNI-FI-QUE, que la montée était SU-PER-BE, et que « la vista es ES-PE-CTA-CU-LAR » !!!
Le même rituel se produit au sommet du Loma Blanca (3800m) et au sommet d'Estudiantes (3900m). A la fin, on est parfaitement habitués, on s'embrasse tous comme du bon pain, et je mets le meilleur de mon espagnol pour dire que c'est ES-PE-CTA-CU-LAR comme eux. Repas au sommet, et nous entamons la descente au refuge. Alejandro est une source d'énigmes intarrissable, ce qui nous force à réfléchir en même temps qu'on marche. A 16h30, le refuge est en vue, « Huele la comida ! » ! et encore une fois, les félicitations et les remerciements pleuvent, nos amis argentins semblent avoir apprécié notre présence parmi eux. C'est même un véritable adoubement lorsque Alejandro nous propose de venir avec eux le lendemain pour faire le San Bernardo, un sommet plus haut et plus technique ! Proposition que nous ne pouvons evidemment pas refuser, tant elle est faite naturellement et avec un maximum de gentillesse.
Et tout naturellement aussi, on se retrouve tous autour de la table, avec un mate dans les mains, des biscuits, pour vivre un moment exceptionnel de notre voyage. 2 Francais de 30 ans vont discuter pendant toute la soirée avec 7 argentins qui ont entre 40 et 55 ans, et tout ce petit monde va parler de la France, de l'Argentine, de l'Histoire, de la Société, de politique (un peu), de football, d'éducation... Un pur moment de bonheur et d'échange.
Alors là, notre sang ne fait qu'un tour, et pour montrer 1) que les Francais sont des gens parfaitement éduqués, 2) que nous leur sommes terriblement reconnaissants de leur gentillesse, et 3) qu'en plus, nous avons bon gout, nous achetons au refuge 2 bouteilles de vin, et c'est parti pour l'apéro improvisé ! Les relations franco-argentines ne se sont jamais aussi bien portées !!
Temps des adieux, temps des tristesses, c'est réellement émus que nous nous séparons de nos compagnons. Grace à eux, nous avons vécu un moment rare, le moment ou les gens se parlent et ou les barrières de langue, de culture s'abattent comme des chateaux de carte face au souffle de l'amitié et du respect. Si seulement ca pouvait toujours être si facile...
Un couple de francais rencontré à San Pedro nous ouvre les yeux : « Le Cordon del Plata est un massif magnifique, et il y a le refuge San Bernardo, le plus haut du massif, tenu par un francais, qui est l'endroit idéal pour les randonnées, sautez sur l'occasion, n'hésitez pas, ce n'est pas loin de Mendoza ! » nous disent-ils entre 2 bouchées de Lomo-papas fritas.
Quelques jours plus tard, nous arrivons à Mendoza, via Salta, avec en poche une réservation pour 3 nuits au refuge San Bernardo. Le temps de s'acclimater au climat « chaudronesque » de la ville (38 degrés dans l'après midi, et oui, je sais, ca vous fait tous rêver en ce moment, mais que voulez-vous, c'est l'été ici !) et nous voila repartis en direction du refuge. Nous quittons la bouillante Mendoza, traversons le désert et arrivons à 2900 mètres d'altitude, au refuge San Bernardo, orné de drapeaux francais. Ce refuge a été construit par un guide de Chamonix, qui est actuellement en vacances en France. C'est donc Dario, un jeune argentin, qui nous accueille. Le programme est simple : une petite randonnée pas compliquée le 1er jour, pour s'acclimater, et des bonnes marches vendredi et samedi pour profiter au maximum de ce magnifique massif.
Dario nous indique une marche de 4h, très facile, jusqu'à Piedra Grande, lieu de camping des Andinistes qui rejoignent ensuite les 6000m. Rando facile, temps idéal, on trouve quand même le moyen de ne pas prendre le bon chemin, et de ne pas arriver exactement à l'endroit prévu. Peu importe, le chemin du retour au refuge est simple (le même qu'à l'aller), et on rentre au refuge pour découvrir qu'il a été investi par un groupe de 7 argentins. Des gens qui viennent de la région de Bahia Blanca, sur la côte, et qui sont là pour faire quelques randonnées entre amis, l'un d'eux étant guide de montagne dans le Cordon del Plata. Présentation, échange d'amabilités classiques, genre «-D'ou venez-vous -De France -Ah bon, donc vous êtes Francais - Eeeeehh béééé oui ! », bref, c'est l'entente cordiale.
Vanessa et moi nous installons pour manger et discuter avec Dario, afin qu'il nous conseille une belle rando pour le lendemain. Voila qu'Alejandro, le guide argentin, entre dans la discussion, et nous dit « Amigos, demain, on monte au Loma Blanca, si vous voulez, vous pouvez venir avec nous, ca nous fera très plaisir, non, ca ne nous gêne pas, bien au contraire ! ». Le moyen de refuser une telle invitation, hmmmmm ?? Nous sommes un peu gênés, mais c'est proposé tellement naturellement et gentiment que nous acceptons sans hésitation.
Le lendemain, réveil à 7h30 pour partir à 8h30. Sur la table du petit déjeuner, nous decouvrons 4 sandwichs, et Inès, l'épouse du guide nous explique que ces sandwichs sont pour nous. On est littéralement rouges de confusion, on remballe nos sandwichs « pain de mie Harry's -jambon Herta - vache qui rit » (vous pouvez remplacer par des marques argentines) au Frigo, et on suit nos amis pour le début de la rando ! Nous commencons par monter à l'Arenales, le 1er sommet qui mène au Loma Blanca, puis à Estudiantes. Pendant toute la montée, on discute avec nos hôtes qui nous apprennent des expressions argentines, qu'on leur traduit aussitôt en Francais.
Lorsque nous sommes en vue du sommet d'Arenales, Inès s'ecrie « - ¿Hay olor de la cumbre ? -¡ Si, se huele la cumbre ! » lui répond son mari. Voila, ca sent le sommet ! Arenales, 3700m d'altitude, et nous assistons alors à un curieux cérémonial : tous les argentins se tombent dans les bras et dans les notres aussi, et tout le monde se remercie et se félicite ! Et aussitot fait, ils empoignent tous leur télephones portables pour appeler les enfants, les parents, les amis, les voisins et concierges et leur dire qu'ils font une ascension avec les amigos untel et untel, qu'il fait un temps MA-GNI-FI-QUE, que la montée était SU-PER-BE, et que « la vista es ES-PE-CTA-CU-LAR » !!!
Le même rituel se produit au sommet du Loma Blanca (3800m) et au sommet d'Estudiantes (3900m). A la fin, on est parfaitement habitués, on s'embrasse tous comme du bon pain, et je mets le meilleur de mon espagnol pour dire que c'est ES-PE-CTA-CU-LAR comme eux. Repas au sommet, et nous entamons la descente au refuge. Alejandro est une source d'énigmes intarrissable, ce qui nous force à réfléchir en même temps qu'on marche. A 16h30, le refuge est en vue, « Huele la comida ! » ! et encore une fois, les félicitations et les remerciements pleuvent, nos amis argentins semblent avoir apprécié notre présence parmi eux. C'est même un véritable adoubement lorsque Alejandro nous propose de venir avec eux le lendemain pour faire le San Bernardo, un sommet plus haut et plus technique ! Proposition que nous ne pouvons evidemment pas refuser, tant elle est faite naturellement et avec un maximum de gentillesse.
Et tout naturellement aussi, on se retrouve tous autour de la table, avec un mate dans les mains, des biscuits, pour vivre un moment exceptionnel de notre voyage. 2 Francais de 30 ans vont discuter pendant toute la soirée avec 7 argentins qui ont entre 40 et 55 ans, et tout ce petit monde va parler de la France, de l'Argentine, de l'Histoire, de la Société, de politique (un peu), de football, d'éducation... Un pur moment de bonheur et d'échange.
San Bernardo
Le lendemain matin, on parle déjà beaucoup moins : à 7h du mat, notre caravane prend son envol pour le San Bernardo, et ca nous laisse muet. Les 2 premiers tiers de la marche sont difficiles, car la pente est très raide, au milieu d'un pierrier, et le dernier tiers l'est encore plus. Il faut se servir des mains pour escalader de gros blocs plus hauts que nous. Ce n'est plus une randonnée, c'est bien ce qu'on appelle une ASCENSION ! Une victoire bien meritee
La cordee argentino francaise
Nous atteignons la cîme à 13h, mais ca valait sacrement le coup ! A 4150m, la vue sur l'ensemble du massif est exceptionnelle, ca méritait bien quelques gouttes de sueurs ! La descente est encore plus difficile, car les pierres glissent sous nos pas. Tout le monde y va de son petit gadin, Vanessa poussant même la conscience professionnelle jusqu'à recevoir en plein mollet une pierre qui entamait sa glissade à vitesse grand V. Heureusement, ce n'est qu'un bleu ! Après 12h de marche, nous atteignons enfin le refuge, et là, c'est la fête ! Dario a préparé des Tortas Fritas, sorte de matefins (farine, eau, beurre), et les Argentins sortent le frometon et le sauciflard.Alors là, notre sang ne fait qu'un tour, et pour montrer 1) que les Francais sont des gens parfaitement éduqués, 2) que nous leur sommes terriblement reconnaissants de leur gentillesse, et 3) qu'en plus, nous avons bon gout, nous achetons au refuge 2 bouteilles de vin, et c'est parti pour l'apéro improvisé ! Les relations franco-argentines ne se sont jamais aussi bien portées !!
Enfin l'heure de l'apero
Temps des adieux, temps des tristesses, c'est réellement émus que nous nous séparons de nos compagnons. Grace à eux, nous avons vécu un moment rare, le moment ou les gens se parlent et ou les barrières de langue, de culture s'abattent comme des chateaux de carte face au souffle de l'amitié et du respect. Si seulement ca pouvait toujours être si facile...


Comments
plan pour le retour
Avec toutes ces randos et autres ascensions, il va falloir assurer de retour à Paris !
A nous les sommets de fontainebleau et de la butte montmartre avec Charly et Vaness comme guides !
Moi je m'inscrits direct !
bisous les voyageurs !
Amélie
l'aventure ça fait pousser la barbe ;-)
salut les amis,
tout se continue bien apparement pour vous 2. Plus le temps passe et plus la barbe de Charles s'étoffe. Tu t'arrêtes à Cuba au retour? Il y a un poste à prendre!
Bises
Ced
photo
salut à vous 2 toujours très agréable de vous lire. j'ai un peu l'impression d'avoir la même photo des scouts au sommet du mont toubkal mais il me semble que chez vous la nature est mieux respectée cela pârait très propre ??????
Fue muy lindo conocerlos
Charly y Vanessa: me alegro de haberlos conocido, gracias por vuestra amistad que espero dure por muchos años. Con muchas ganas de que alguna vez nos volvamos a encontrar les deseo todo lo mejor para este viaje, que núnca oviden mi ARGENTINA ni a nosotros, ya que son dos personas muy afectuosas. Es lo que opinamos todos los que los conocimos.
ABRAZOS