Deuxième 5000... ?
Trip Start
Oct 17, 2007
1
12
53
Trip End
Apr 04, 2008
OUI, presque, presque, mais finalement, non !
Et au risque de faire hurler tous les parisiens et autres citadins français qui s'arrachent les cheveux dans le froid a trouver un moyen de locomotion autre que leurs pieds pour se rendre au boulot coûte que coûte malgré les grèves actuelles ... nous, on s'éclate a se faire les pieds sur les chemins andins ! Alors pour vous changer les idées, on va vous raconter notre formidable trek de 4 jours dans la cordillère blanche !
Jeudi dernier 15 novembre nous arrivions à Huaraz, ville située à 3000 mètres d'altitude dans la cordillère des Andes, à 8 heures de route au Sud de Trujillo.
Apres un bus de nuit somme toute tout a fait potable par rapport a nos précédentes expériences, on s'attaque à l'organisation de notre trek !
A la Casa de Guia (les guides de haute montagne locaux), on nous explique que ce trek de 4 jours dans la cordillère blanche est très facile, il suffit de savoir marcher. Et d'avoir avec soi une tente, des tapis de sol, des casseroles, de la bouffe pour 4 jours, la carte topographique et de prendre le bon collectivo pour trouver l'entrée du sentier. Avec Vanessa, on se regarde du coin de l'oeil, puis on demande :
« - Est-ce qu'il y aurait une solution un peu plus facile, car nous ne sommes pas habitués a porter 15 kgs d'affaires a 4000m d'altitude, vous savez, on est des blancs, et même pire, des blancs citadins, alors vous savez... nous, sur un terril du Pas de Calais, on est déjà essoufflés... on voudrait pouvoir lever la tête et voir autre chose que nos chaussures pendant la marche !
- Bien sur, pas de problèmes (on vous le traduit directement), vous pouvez louer un âne, avec un arriero (muletier). »
Le type nous propose l'option de l'âne ! Et ça nous on adore ! Nous avec un âne ! Dans les Andes ! On ne pouvait pas faire mieux !
Alors plein de bonne volonté, on commence a réfléchir au matériel a louer ou acheter, aux provisions a prendre pour la bouffe...et vu que nous sommes des campeurs super expérimentés (Vanessa a campé dans le jardin de ses grands-parents pendant toute son enfance avec la maison a 10 mètres, et Charles a beaucoup campé avec ses copains a Ramatuelle ou Palavas les Flots... dans des bungalows !!!), un sursaut de lucidité nous envoie chez un organisateur de trek ! Oui ça existe et ils ont des tentes, des casseroles, des ânes et même un guide !
Après, on n'a pas dit que les tentes étaient des super tentes a toutes épreuves...ça c'est une autre histoire mais elles ont le mérite d'exister et de partir sur la galerie du minibus avec nous le vendredi matin a 6 heures du matin, avec des caisses et bidons contenant tout le matos pour le groupe, direction les montagnes enneigées !
La composition des équipes :
Dans notre groupe, on retrouve donc un allemand qui ne parle pas anglais (une rareté), une italienne qui ne veut pas parler italien (grosse frustration pour Charles), des anglais qui ne parlent que l'anglais (comme d'habitude), des Québécois (salut les amis !) et nous. Hourra, donc, car les francophones sont en majorité, ça fait plaisir !
Le collectivo nous lâche vers 12h à Vaqueria (3500m d'altitude), le village de départ de notre randonnée.
Heureusement, le lendemain matin a 7h30, il y a du soleil. Juste assez pour qu'on parte plein d'entrain et avec des ponchos... un peu moins humides. Ce blagueur de soleil disparaît dès qu'on approche des pentes un peu plus escarpées. Le but de la journée, c'est de passer de l'autre coté de la cordillère blanche, via un « paso » (=col) à 4750m d'altitude. Vent, grêle et froid ralentissent notre progression, mais pas autant que l'altitude qui nous fait souffler comme des locomotives à vapeur.
Une grande fierté s'est emparée de nous quand nous sommes arrivés au panneau « Punta Union - 4750 m ».
La descente se poursuit dans des conditions un peu meilleures, sauf pour Vanessa qui nous fait une « Surya Bonali » sur une pierre, à la différence que sur elle, les bleus marquent... De plus, elle commence à être taquinée par son ventre, qui revendique une certaine indépendance. Il est grand temps d'en terminer avec ces 8h de marche, et tout le monde est très soulagé de trouver un campement sec et sous le soleil, et un maté de coca bien chaud dans la tente centrale. Mais (il y a toujours un mais) le campement est à 4200 d'altitude.
Même pour notre guide péruvien, la nuit est exténuante. Alors pour nous... Il est très difficile de dormir à cette altitude, le sommeil est perturbé par le manque d'oxygène, et les yeux sont très petits au réveil. Le programme prévoit 5h de marche, mais il nous en faudra 7h30 pour rejoindre le campement, à 3800m. 7h30 de marche dans un paysage surréaliste, un paysage de film fantastique, type « le seigneur des anneaux », mais en réel !
On marche dans un « couloir » de plusieurs centaines de mètres de large, entourés par des montagnes aux à-pics vertigineux, qui pointent d'un air menaçant leurs sommets enneigés vers le ciel tour à tour dégagé ou plombé par les nuages gris.
Campement à 3800m d'altitude, à coté d'une rivière où on peut faire tremper nos pieds : un vrai luxe ! Le dernier jour sera une formalité, 2h30 de marche pour rejoindre le village de Cachapampa. A 6 dans un taxi break avec toutes les affaires de camping dedans, on profite une dernière fois de nos odeurs corporelles en pleine expression. La prochaine personne à en profiter, c'est la dame de la Lavanderia...Pauvre d'elle...
Le retour à Huaraz et à un peu de civilisation s'est traduit par la bataille du premier dans la douche !
Le calme des « odeurs » étant revenu, nous nous sommes penchés sur l'organisation de notre prochain trek. Cette fois ci promis on se la jouera moins touristes...on pensera aux sacs poubelles grandeur XXL pour s'y glisser avec nos sacs de couchage !
Et au risque de faire hurler tous les parisiens et autres citadins français qui s'arrachent les cheveux dans le froid a trouver un moyen de locomotion autre que leurs pieds pour se rendre au boulot coûte que coûte malgré les grèves actuelles ... nous, on s'éclate a se faire les pieds sur les chemins andins ! Alors pour vous changer les idées, on va vous raconter notre formidable trek de 4 jours dans la cordillère blanche !
Jeudi dernier 15 novembre nous arrivions à Huaraz, ville située à 3000 mètres d'altitude dans la cordillère des Andes, à 8 heures de route au Sud de Trujillo.
Apres un bus de nuit somme toute tout a fait potable par rapport a nos précédentes expériences, on s'attaque à l'organisation de notre trek !
A la Casa de Guia (les guides de haute montagne locaux), on nous explique que ce trek de 4 jours dans la cordillère blanche est très facile, il suffit de savoir marcher. Et d'avoir avec soi une tente, des tapis de sol, des casseroles, de la bouffe pour 4 jours, la carte topographique et de prendre le bon collectivo pour trouver l'entrée du sentier. Avec Vanessa, on se regarde du coin de l'oeil, puis on demande :
« - Est-ce qu'il y aurait une solution un peu plus facile, car nous ne sommes pas habitués a porter 15 kgs d'affaires a 4000m d'altitude, vous savez, on est des blancs, et même pire, des blancs citadins, alors vous savez... nous, sur un terril du Pas de Calais, on est déjà essoufflés... on voudrait pouvoir lever la tête et voir autre chose que nos chaussures pendant la marche !
- Bien sur, pas de problèmes (on vous le traduit directement), vous pouvez louer un âne, avec un arriero (muletier). »
Le type nous propose l'option de l'âne ! Et ça nous on adore ! Nous avec un âne ! Dans les Andes ! On ne pouvait pas faire mieux !
Alors plein de bonne volonté, on commence a réfléchir au matériel a louer ou acheter, aux provisions a prendre pour la bouffe...et vu que nous sommes des campeurs super expérimentés (Vanessa a campé dans le jardin de ses grands-parents pendant toute son enfance avec la maison a 10 mètres, et Charles a beaucoup campé avec ses copains a Ramatuelle ou Palavas les Flots... dans des bungalows !!!), un sursaut de lucidité nous envoie chez un organisateur de trek ! Oui ça existe et ils ont des tentes, des casseroles, des ânes et même un guide !
Après, on n'a pas dit que les tentes étaient des super tentes a toutes épreuves...ça c'est une autre histoire mais elles ont le mérite d'exister et de partir sur la galerie du minibus avec nous le vendredi matin a 6 heures du matin, avec des caisses et bidons contenant tout le matos pour le groupe, direction les montagnes enneigées !
La composition des équipes :
Dans notre groupe, on retrouve donc un allemand qui ne parle pas anglais (une rareté), une italienne qui ne veut pas parler italien (grosse frustration pour Charles), des anglais qui ne parlent que l'anglais (comme d'habitude), des Québécois (salut les amis !) et nous. Hourra, donc, car les francophones sont en majorité, ça fait plaisir !
Le collectivo nous lâche vers 12h à Vaqueria (3500m d'altitude), le village de départ de notre randonnée.
Hippolito l'arriero avec ses bourriquots
On fait la connaissance d'Hippolito, l'arriero, et de ses ânes (on a perdu les prénoms), puis de Ricardo, l'assistant. Apres une brève collation, on démarre la marche, qui se transforme très vite en pataugeage, car des trombes d'eau s'abattent sur nous. 4h de marche pour rejoindre le campement, à 3800m d'altitude, le tout sous la pluie, avec le froid qui déjà perce les vêtements - le renoncement guette les troupes. La perspective en plus de connaître ça pendant les 4 jours à venir (on n'est pas à la bonne saison) n'incite pas a l'optimisme. La nuit est donc courte, fraîche, et très humide, ce qui est excellent pour la conservation des rhumes et de la mauvaise humeur, tout le monde en conviendra.
Le camping de Provence, le soleil de vos vacances
Heureusement, le lendemain matin a 7h30, il y a du soleil. Juste assez pour qu'on parte plein d'entrain et avec des ponchos... un peu moins humides. Ce blagueur de soleil disparaît dès qu'on approche des pentes un peu plus escarpées. Le but de la journée, c'est de passer de l'autre coté de la cordillère blanche, via un « paso » (=col) à 4750m d'altitude. Vent, grêle et froid ralentissent notre progression, mais pas autant que l'altitude qui nous fait souffler comme des locomotives à vapeur.
Une grande fierté s'est emparée de nous quand nous sommes arrivés au panneau « Punta Union - 4750 m ».
La preuve en image !
Toujours aussi mouilles...
C'est quasiment le Mont-Blanc que nous avons escaladé, ce n'est pas rien pour des français qui vivent à 200m d'altitude d'habitude. Avec le renflement de la Terre à l'Equateur, ce sommet est peut-être même plus élevé que le Mont Blanc (ce phénomène fait d'ailleurs du Cotopaxi le sommet le plus élevé de la terre, car le plus éloigné du centre de la terre !). La descente se poursuit dans des conditions un peu meilleures, sauf pour Vanessa qui nous fait une « Surya Bonali » sur une pierre, à la différence que sur elle, les bleus marquent... De plus, elle commence à être taquinée par son ventre, qui revendique une certaine indépendance. Il est grand temps d'en terminer avec ces 8h de marche, et tout le monde est très soulagé de trouver un campement sec et sous le soleil, et un maté de coca bien chaud dans la tente centrale. Mais (il y a toujours un mais) le campement est à 4200 d'altitude.
Même pour notre guide péruvien, la nuit est exténuante. Alors pour nous... Il est très difficile de dormir à cette altitude, le sommeil est perturbé par le manque d'oxygène, et les yeux sont très petits au réveil. Le programme prévoit 5h de marche, mais il nous en faudra 7h30 pour rejoindre le campement, à 3800m. 7h30 de marche dans un paysage surréaliste, un paysage de film fantastique, type « le seigneur des anneaux », mais en réel !
Ca se merite...
...mais ca vaut la peine !
On marche dans un « couloir » de plusieurs centaines de mètres de large, entourés par des montagnes aux à-pics vertigineux, qui pointent d'un air menaçant leurs sommets enneigés vers le ciel tour à tour dégagé ou plombé par les nuages gris.
Campement à 3800m d'altitude, à coté d'une rivière où on peut faire tremper nos pieds : un vrai luxe ! Le dernier jour sera une formalité, 2h30 de marche pour rejoindre le village de Cachapampa. A 6 dans un taxi break avec toutes les affaires de camping dedans, on profite une dernière fois de nos odeurs corporelles en pleine expression. La prochaine personne à en profiter, c'est la dame de la Lavanderia...Pauvre d'elle...
Le retour à Huaraz et à un peu de civilisation s'est traduit par la bataille du premier dans la douche !
Le calme des « odeurs » étant revenu, nous nous sommes penchés sur l'organisation de notre prochain trek. Cette fois ci promis on se la jouera moins touristes...on pensera aux sacs poubelles grandeur XXL pour s'y glisser avec nos sacs de couchage !


Comments
La meustach
Hey Charly ! Tu t'es laissé poustache ?!
Waouh!!!
Même sous la pluie j'aurai bien aimé être avec vous!
yo les alpinistes ¨!!!
Hé mais calmez-vous avec le dénivelé on va plus oser vous inviter chez nous ¨! vous allez nous humilier à la moindre petite rando ... bon alors le prochain défi c'est de dépasser les 5000 m sans guide et sans âne ?
en attendant bravo pour vos exploits ,et même si vous voulez impressioner vos lecteurs , vous avez aussi le droit de faire les vrais touristes ... biz du mont sax où la neige a déjà refondu ( pour le ski il faudra encore attendre un peu ¨! )
Je t'avais pris pour l'arriero!!!
Mais dis-donc qu'est-ce que c'est que cette stachmou ! On dirait le tenancier du bar à coté de mon appart rue de Rome, fréquenté par toute la diapora de la maçonnerie si tu vois ce que je veux dire.
Tu veux rentrer à la Caixa banque ? Mouarf.
Mathieu.
Appelez-les Edmund Hillary
N'oubliez pas de revenir avec tous vos orteils. A ces altitudes, le froid ne pardonne pas. Le début (froid, vent, pluie, paysage...)me rappelle vaguement une petite marche de 2-3h que j'ai faite l'an dernier au pied du Mont Cook en NZ, avec une femme enceinte de 2 mois... Mais quand même, question dénivelé et longueur d'effort, vous jouez dans une toute autre dimension. Sir Edmund Hillary n'a qu'à bien se tenir.